9.5 f) Le cirque antisémite

L’antisémitisme est une tactique de la bourgeoisie chrétienne réactionnaire pour cacher ses propres méfaits et se protéger de la vindicte populaire. La bourgeoisie chrétienne réactionnaire brandit la bourgeoisie juive comme coupable de tous nos maux pour servir de leurre. Tout ce que la bourgeoisie chrétienne accuse les juifs d’avoir fait, elle l’a fait elle-même au centuple. Les bourgeois chrétiens ne sont innocents de rien de ce dont ils accusent les juifs. L’antisémitisme est un chiffon rouge que la bourgeoisie chrétienne présente aux cornes du peuple en colère.

La bourgeoisie réactionnaire a le culot d’accuser les juifs d’avoir organisé le remplacement ethnique, alors même que c’était la bourgeoisie chrétienne qui tenait intégralement les rênes du pays lorsque les décisions politiques cruciales furent prises pour organiser le remplacement. Valéry Giscard d’Estaing a ainsi accusé les juifs d’être responsables des lois favorisant le regroupement familial et a prétendu que c’était à cause des juifs qu’il avait renoncé à organiser un retour massif au pays de travailleurs nord-africains lors du premier pic de chômage dans les années 70. En accusant les juifs, et plus particulièrement Simone Veil, il tente de faire oublier que c’était lui qui était le Président de la République à ce moment-là, que c’était lui qui avait le pouvoir, et que c’est lui et ses amis bourgeois chrétiens qui ont sacrifié leur peuple, par lâcheté, par indifférence pour le sort du prolétariat blanc, et par servilité à l’égard de leurs frères les grands patrons de l’industrie et du BTP.

Depuis le Moyen Âge au moins, la classe dirigeante chrétienne utilise les juifs comme fusibles, en choisissant des juifs pour leur confier des responsabilités piégées, afin de pouvoir ensuite les brûler quand un problème se présente. Au cours de l’histoire de l’Europe, les juifs n’ont eu que les places que les élites chrétiennes ont bien voulu leur donner. Les élites chrétiennes ont interdit les prêts avec intérêt, pour ensuite faire des juifs (et des lombards) leurs banquiers ; et quand ils peinaient à rembourser leurs dettes, ils tuaient ou expulsaient les juifs, et en profitaient pour annuler les créances. De même, les élites chrétiennes réactionnaires qui ont diffusé l’antisémitisme de la Belle Époque à la fin de la Seconde Guerre mondiale, avec le résultat sanglant que l’on sait, avaient précisément coutume de se marier avec de riches membres de la bourgeoisie juive pour renflouer leurs caisses. Ils donnent délibérément du pouvoir à une fraction de la bourgeoisie juive pour pouvoir ensuite disposer de boucs émissaires quand ils ont besoin d’accuser quelqu’un des fautes qu’ils ont eux-mêmes commises. Les élites chrétiennes octroient des privilèges à quelques bourgeois juifs qu’ils invitent dans leur club, puis, au gré de leurs besoins du moment, ils dépeignent les juifs en privilégiés détenteurs d’un pouvoir occulte. C’est ainsi que furent massacrés quantités de bourgeois juifs, mais aussi une masse plus grande encore de juifs pauvres, ainsi qu’une foule immense de prolétaires non-juifs.

Accuser les juifs permet à la bourgeoisie chrétienne réactionnaire de ne jamais se regarder dans un miroir. Même quand leur propre Église milite pour le remplacement, même quand leur pape, leurs cardinaux, leurs évêques — tous issus de la bourgeoisie chrétienne conservatrice — brandissent l’Évangile pour présenter à leurs fidèles l’accueil des migrants comme un devoir sacré, ils arrivent à accuser les juifs.

L’antisémitisme est un piège pour le peuple : diffusé par le lobby chrétien réactionnaire au sein du public populaire de sensibilité dextriste, il sert ensuite à la gauche pour accuser ses opposants de complotisme et de fricotage avec l’apologie du génocide. L’infiltration quasi-systématique de toute tentative de mouvement anti-immigration par les chrétiens antisémites transforme un combat juste et raisonnable en un cirque monstrueux, un barnum de la bêtise humaine, un asile psychiatrique à ciel ouvert.