9.5 d) La fascination pour le fascisme

À force d’invoquer le fascisme et le nazisme pour criminaliser toute opposition à l’immigration de peuplement, la gauche a poussé dans les bras du néofascisme toute une partie de la jeunesse occidentale. Il ne s’agit nullement d’une sincère et complète adhésion aux dogmes fascistes, mais plutôt d’une fascination ambivalente, entre humour trollesque et idéalisation par réflexe d’opposition.

Les jeunes blancs exaspérés par l’immigration le sont avant tout par écœurement face à l’insécurité, au pourrissement de leur cadre de vie, à la mièvrerie des déclarations officielles à chaque attentat de la fameuse « religion d’amour et de paix », à l’écart abyssal entre les sermons antiracistes exhortant à l’amour des minorités et le constat quotidien qu’il n’y a pas plus raciste, sexiste et homophobe que lesdites minorités. Les jeunes blancs qui se rapprochent des mouvements dits d’extrême droite ne sont pas des graines de nazis. Ce sont des enfants de la démocratie et de la tolérance exaspérés de voir la démocratie et la tolérance utilisées conjointement par les élites occidentales et les immigrés extra-européens comme des armes pour détruire l’Occident démocratique et tolérant. Les plus vieux, qui tiennent les rênes de la politique et des médias, n’ont pas conscience du quotidien de la plupart des jeunes blancs des zones remplacées. La majorité des jeunes filles blanches ont déjà été traitées de « raciste », de « facho » ou d’« islamophobe » pour avoir simplement tenté de se dépêtrer d’une agression dans l’espace public. Un homme arabe vous agresse, vous traite de pute et vous menace de viol parce que vous n’avez pas répondu à son « bonjour », puis, lorsque vous tentez de fuir ou d’appeler à l’aide, il se met à hurler que vous êtes une sale raciste. Ce ne sont pas des cas isolés, c’est un phénomène massif qui affecte profondément le quotidien de la plupart des jeunes blancs dans les zones d’Europe exposées au remplacement racial.

La génération Bataclan n’a jamais vu le moindre skinhead tabasser des étrangers. En revanche, cette génération a vu les Français mitraillés et égorgés au nom de l’islam, et elle a vu ses petits camarades de classe maghrébins en rire sur les réseaux sociaux.

Dans ce contexte, la jeunesse se met à assimiler les références au fascisme et au nazisme à un folklore clownesque invoqué uniquement par des arabes racistes, misogynes et homophobes, et par des vieux profs d’éducation civique à la ramasse. Le bruit des bottes est devenu pour eux une bringue de carnaval, une source inépuisable de plaisanteries.

Cette jeunesse est tellement habituée à ce que le fascisme soit une farce, que lorsqu’elle est exposée à de la propagande néofasciste, elle n’est plus en mesure de la détecter et elle se laisse bourrer le crâne par des influenceurs réactionnaires. Tout un pan de la jeunesse européenne se rapproche de mouvements dits d’extrême droite par ras-le-bol de l’immigration. Les milices fascistes, les ratonnades, les crânes rasés et les chemises brunes que la gauche agite en permanence, ces jeunes n’en voient pas l’ombre lorsqu’ils se rapprochent de ces mouvements. Persuadés à bon droit que la menace fasciste qu’on leur avait brandie n’était qu’un fantasme ridicule, ils accordent leur confiance à ces mouvements. Certains de ces mouvements ont une image très lisse, tandis que d’autres sont beaucoup plus sulfureux, mais toujours sur le ton de l’humour. On joue au facho pour rigoler, on donne dans la surenchère de blagues hardcore, c’est le concours du montage le plus politiquement incorrect. Il se produit un phénomène de confirmation rôlistique : par bravade envers l’adversaire politique, on se met à endosser le rôle qu’il nous a assigné, on revêt tous les attributs que notre ennemi nous prête. Puis les frontières du jeu de rôle se brouillent et certains se laissent convaincre par les influenceurs qui leur expliquent que le fascisme n’est pas du tout ce que les médias et l’histoire officielle en disent, et qu’en fait, c’était une belle idée qui a « juste été mal appliquée », que le génocide des juifs n’a « jamais existé » mais que c’est « dommage que tonton Adolf n’ait pas fini le boulot ».

Seule une minorité va aussi loin. La plupart se retrouvent seulement noyés dans un flot de propagande et une bulle d’information qui les poussent peu à peu à endosser des valeurs, préoccupations, symboles, références, croyances et causes en totale opposition avec ce qui les avait initialement poussés à se rapprocher des mouvements dits d’extrême droite. Beaucoup se retrouvent alors dans une schizophrénie politique. D’un côté ils continuent à chérir les libertés occidentales, ils rejettent l’immigration et l’islam avant tout parce que ceux-ci menacent le mode de vie occidental, ils sont attachés à la démocratie et à la laïcité et ne se rattachent aux mouvement dits d’extrême droite uniquement parce qu’ils s’imaginent que ceux-ci ne sont pas réellement antidémocratiques. D’un autre côté, rendus perméables à la propagande néofasciste réactionnaire, ils en viennent à être fascinés par toutes sortes de dictateurs, à prendre la défense de militants conservateurs qui veulent remettre l’Église au centre de l’État et réhabiliter la mémoire du Maréchal Pétain, et à fantasmer la destruction des démocraties libérales d’Occident.

Si ce public n’est pas fondamentalement fasciste, il est guidé par des influenceurs qui, eux, le sont profondément, même quand ils évitent les références explicites au fascisme et au nazisme. Leur présence et le fait qu’ils soient relativement tolérés n’a rien de surprenant : la totalité de l’offre politique de droite actuelle est dictée par la bourgeoisie conservatrice. Or le fascisme n’est que la version extrémiste et exaltée du militantisme bourgeois conservateur.

À cause de la monopolisation gauchiste de la parole politique, les fascistes ne sont attaqués que sur le point séduisant pour la jeunesse exaspérée par l’immigration : le racisme. À force de répéter que le fascisme, c’est mal parce que c’est raciste, on finit par oublier que le fascisme est une idéologie profondément anti-occidentale, et que le fascisme, c’est la haine de tout ce qui fait la grandeur de l’Occident, et la destruction de tout ce qui fait sa singularité :

Haine de la science et glorification de l’obscurantisme chrétien. Les scientifiques ne sont tolérés que dans la mesure où ils servent de caution aux dogmes fascistes. Tout scientifique trop indépendant d’esprit est éliminé. Le régime de Mussolini a même interdit l’évocation de la mémoire de Giordano Bruno, scientifique italien brûlé par l’Inquisition pour avoir affirmé que la Terre tournait autour du Soleil et que l’univers était infini ;

Obsession maniaque de la dégénérescence, exaltation de la foule uniforme et unanime contre la démocratie pluraliste, projet de destruction de l’individu au profit de la masse, haine de la création artistique dès qu’elle ne sert pas la propagande du régime, rage contre la modernité et la douceur de vivre.

Le fétichisme fasciste de la virilité confine à un homoérotisme grotesque. Structuré par une phobie irrationnelle du féminin, il confine strictement la femme au rôle d’unité de production de chair à canon et de chair à usine. Le fascisme, c’est un fantasme homosexuel misogyne à l’échelle d’une société toute entière. Les fascistes ont persécuté les homosexuels « efféminés » parce que leur part féminine représentait une menace pour le projet de société homoviriliste fasciste.

Le fascisme, c’est le pire du socialisme couplé au pire de la soumission à la bourgeoisie. Les masses prolétaires furent aguichées par des promesses de réformes sociales, pour se voir illico confisquer tout droit de grève.

Le fascisme, c’est le spectacle obscène de moyens modernes mis au service d’un idéal d’arriération civilisationnelle.