9.3 b) Le libre-échangisme pseudo-libéral

Le régime profondément antilibéral de la Chine utilise les subventions massives comme une arme économique pour détruire le marché mondial de la libre concurrence loyale. Les échanges industriels se font systématiquement en leur faveur parce que leur loi prévoit le pillage légal des technologies de toute entreprise occidentale qui viendrait s’installer chez eux. L’exemple de la Chine suffit à démontrer que le libéralisme sans protectionnisme face aux régimes antilibéraux est une ineptie.

Les libre-échangistes s’échinent à présenter le libéralisme comme un ordre nécessairement mondialiste et sans aucun contrôle. Pourtant, un système peut parfaitement être protectionniste et libéral. Un monde sans frontières, c’est un monde avec des barbelés autour de chaque maison. L’économie n’échappe pas à la règle.

Les conditions d’existence du libéralisme sont la sécurité et la stabilité politique. Le libéralisme est incapable de faire d’une Mogadiscio un Monaco sans en passer par les armes.

Le libéralisme est trop souvent confondu avec le laisser-faire et un État démissionnaire. Cette méprise est le fruit d’une observation exacte et d’un raisonnement faux. Constatant que certains États agissent au détriment des libertés individuelles et cherchent à régenter l’économie aussi bien que les vies privées, les libre-échangistes croient pouvoir en déduire que moins d’État aboutirait mécaniquement à plus de libéralisme. Or c’est un raisonnement dépourvu de logique, puisqu’un État libéral sera toujours meilleur garant du libéralisme qu’un no man’s land où l’État est défaillant et le territoire, plongé dans des guerres de gangs.

Le libéralisme sans le protectionnisme, c’est le libéralisme sans le peuple. Il est absurde de défendre les libertés individuelles si on ne se préoccupe pas de la survie de ce peuple. Le système libéral de la libre concurrence et le darwinisme économique ne survivent pas au sabotage du marché par des régimes antilibéraux qui nous livrent une guerre économique.

De même que les sociétés tolérantes se doivent d’être intolérantes envers l’intolérance, le libéralisme se doit d’être intolérant avec les régimes liberticides.