9.2 c) La gauche réac

Une part croissante de la gauche est sincèrement horrifiée face aux effets lamentables de la déconstruction gauchiste et du remplacement ethnique orchestré par la gauche elle-même.

Une partie de la gauche a bien compris que la gauche institutionnelle avait trahi le prolétariat qu’elle prétendait défendre, et que le relativisme culturel institué par la gauche woke menace gravement la laïcité et le progrès social.

Cette gauche partiellement lucide se réfugie donc dans l’incantation nostalgique de telle ou telle époque « où la gauche était encore vraiment de gauche ». Ce sont carrément des gauchistes réactionnaires. Prenant la reconversion sociétale de la gauche pour la cause de la crise de la gauche au lieu d’admettre qu’elle en est la conséquence, ils s’imaginent que la solution serait de revenir à une gauche ne se préoccupant que de lutte des classes et renonçant à tout progrès sociétal.

La gauche réac veut restaurer l’Occident des années 60, quand il y avait le plein emploi et une vaste classe ouvrière, que les femmes avaient acquis de nouveaux droits mais pas encore trop à son goût, et que la gauche faisait rêver une part importante de la population.

La gauche réac européenne préfère accuser les États-Unis d’avoir perverti la gauche plutôt que d’accepter que c’est le logiciel gauchiste qui a mené à l’état actuel de la gauche. La gauche réac américaine accuse de son côté les Français (la French theory) de la même chose. Les gauchistes réacs, ce sont des gens qui ont milité toute leur vie pour que les pays d’Europe accueillent toujours plus d’immigrés extra-européens et pour criminaliser toute opposition au remplacement ethnique, qui ont toujours pensé que la lutte contre le racisme devait être une priorité de notre civilisation. Puis, lorsque les populations qu’ils ont invitées s’organisent politiquement contre ce qu’elles estiment être du racisme contre elles, les gauchistes réacs sont tout ébaubis et hurlent au complot américain.

La gauche réac ne marchera pas, pour la simple raison que rien de réactionnaire n’a jamais marché sur le long terme en Occident. Si le progressisme gauchiste vous horrifie, alors ce n’est pas la lutte pour ralentir ce progressisme qui vous épanouira, mais un progressisme de droite que ce manifeste est le seul à spécifier de façon complète et cohérente.

La gauche réac, c’est traîner du pied avec dix ans de retard derrière chaque avancée de la gauche. C’est toujours ce qui est arrivé et ça n’a jamais abouti à rien, hormis à donner de la force aux conservateurs. La gauche réac jouit de nombreux relais médiatiques mais n’est le moteur d’aucune évolution politique. Elle est un poids mort servant surtout de caution morale au camp conservateur, qui les invite avec enthousiasme pour se donner un supplément d’âme.