9.2 b) L’implantation dans la gauche

Les déchirements entre la gauche traditionnelle et les militants progressistes de la justice sociale donnent un faux espoir à ceux qui se croient de droite. Comme beaucoup de gens se pensent de droite pour la seule raison qu’ils sont opposés à certaines émanations de la gauche, ils pensent naïvement que tout gauchiste déçu par la gauche va venir rejoindre leurs positions. Mais cette union attendue n’a pas lieu, et un certain nombre de conservateurs de la fausse droite se mettent à gauchiser leur discours pour séduire la gauche rebutée par les militants de la justice sociale. Constatant que les gauchistes conservateurs ne viennent pas davantage à droite, ce sont des gens qui occupaient la droite qui commencent alors à envisager de déménager à gauche. Même dans les milieux qualifiés d’extrême droite, partout grandit cette idée qu’il faut évangéliser une gauche qui semblent se réveiller, et sceller une alliance des anti-progressistes de tous les bords politiques.

Cependant, si les militants de gauche se radicalisent dans le réactionnarisme en combattant la frange la plus progressiste, ils n’en deviennent pas pour autant de droite. Cette guerre interne à la gauche n’a pas pour enjeu une opposition philosophique profonde, elle n’est rien qu’une guerre de succession entre deux groupes ayant la ferme intention de rester à gauche. Ceux qui n’y tenaient pas ont déjà quitté la gauche.

Pourtant, les partis conservateurs s’échinent à paraître plus gauchistes que la gauche. L’essentiel de leur stratégie médiatique consiste à vouloir prouver que « ce sont les gauchistes qui sont les vrais racistes, alors que nous, nous sommes les vrais antiracistes ». Un nombre grandissant de figures conservatrices étiquetées à droite proclame même : « La vraie gauche, c’est nous. »

Cette stratégie d’implantation dans la gauche ne convainc personne à gauche et ne fait que renforcer l’hégémonie idéologique de la gauche.