9.2 a) Le bourbier de l’anticapitalisme

La dénonciation du capitalisme est devenue un des principaux lieux communs politiques en Occident. Par automatisme, par paresse intellectuelle et par récupération politique, tout ce qui ne fonctionne pas dans la société et tout ce qui génère des mécontents est taxé de capitaliste, même quand il s’agit de cas flagrants de dérive étatiste ou de mesures antilibérales. Les diverses organisations anticapitalistes furent jadis un moteur de progrès social et économique dans les pays occidentaux, en permettant aux prolétaires de s’unir et de s’organiser politiquement face à la bourgeoisie. Sans les grèves, les syndicats, les partis de gauche, la menace de révolution, les bourgeois auraient continué d’esclavagiser les prolétaires jusqu’à l’absurde. Sans contre-pouvoir prolétaire, non seulement le progrès économique généré par le capitalisme n’aurait eu aucun sens ni utilité civilisationnelle, mais l’économie elle-même se serait effondrée faute de marché. Il se serait produit ce que Marx avait prédit dans le Manifeste du Parti Communiste : l’effondrement de l’économie capitaliste à cause des crises de surproduction dues à un écart trop grand entre la masse de biens produits à des coûts toujours plus faibles par une main d’œuvre exploitée et la faiblesse de la consommation à cause de la sous-rémunération du peuple.

Mais l’anticapitalisme n’a été une force progressiste en Occident que tant qu’il fut la forme principale d’organisation de l’opposition des prolétaires européens à la bourgeoisie occidentale. Désormais, l’anticapitalisme est une force bourgeoise et une arme d’incapacitation massive des prolétaires européens.

Les anticapitalistes sont les plus sûrs alliés du système néocorporatiste. L’État et des entreprises privées sont ravis de financer toutes sortes de groupes anticapitalistes pour se donner une image « verte » ou « inclusive ». Mieux vaut pour eux un carnaval multicolore de clowns aux revendications aussi virulentes qu’abstraites, plutôt que des personnes qui leur demandent des comptes ici et maintenant.

Qu’ils soient proférés par des communistes, des anarchistes, des déconstructivistes woke ou des écologistes de gauche, les discours anticapitalistes aboutissent tous aux mêmes résultats : diversion carnavalesque, désarmement des prolétaires blancs, stérilisation de leurs luttes et renforcement du pouvoir de la bourgeoisie conservatrice.

La stérilisation des luttes prolétaires par l’anticapitalisme consiste à détourner la haine légitime antibourgeoise vers des rêveries éthérées pour empêcher les prolétaires de formuler des revendications précises, concrètes, immédiatement applicables. La bourgeoisie anticapitaliste hameçonne le peuple en titillant sa fibre antibourgeoise pour détourner les ressources humaines, financières et médiatiques vers des combats condamnés à l’échec.  « Ne réclamez pas le revenu universel, venez dans nos manifs de punks à chien beugler contre le Grand Capital ! N’exigez pas l’expulsion des clandestins, des délinquants et criminels étrangers, ne vous battez pas contre le remplacement racial que les grands patrons vous ont imposé pour vous pourrir la vie et détruire vos salaires, luttez plutôt contre le racisme et réclamez avec nous toujours plus de remplacement ! Ne protestez pas contre la tiers-mondisation de votre pays, devenez plutôt les carpettes du tiers-monde, c’est une étape indispensable de la Révolution ! »

Le renforcement de pouvoir de la bourgeoisie réactionnaire par l’anticapitalisme se produit de plusieurs manières. La rhétorique antiblanche des anticapitalistes est un moyen de diluer la responsabilité bourgeoise par culpabilisation de l’entièreté de la race blanche, empêchant ainsi de réclamer des comptes aux membres de la race bourgeoise. La culpabilisation raciale des prolétaires blancs tue dans l’œuf toute structuration politique de l’opposition au remplacement racial et permet donc aux bourgeois de continuer en toute impunité à faire venir toujours plus d’immigrés extra-européens, autrement dit, à intensifier le processus permettant à la bourgeoisie de disposer d’un peuple toujours plus atomisé et malléable. Entretenir la psychose médiatique sur le racisme en Occident permet à des associations de se gaver de subventions pour persécuter judiciairement les opposants au remplacement ethnique. Outre les persécutions judiciaires, la chasse aux prolétaires blancs racistes passe par des rituels d’humiliation publique dans les médias pour leur interdire tout espoir de réussite professionnelle et inspirer un sentiment collectif de terreur paralysante. Enfin, le projet anticapitaliste de détruire la civilisation occidentale, le peuple blanc et la prospérité économique de l’Occident pousse le peuple qui ne veut pas de ce suicide à se réfugier électoralement dans les partis bourgeois chrétiens conservateurs. Ainsi, le militantisme anticapitaliste permet d’asseoir le monopole bourgeois de la parole médiatique, que se partagent entre eux bourgeois de gauche plus ou moins anticapitalistes et bourgeois conservateurs.

Le désarmement du peuple européen par l’anticapitalisme s’opère par la culpabilisation permanente des prolétaires blancs. La rhétorique anticapitaliste diffusée par les partis politiques officiels, les syndicats institutionnalisés, les associations subventionnées et les médias s’accompagne en effet systématiquement de rhétorique anti-occidentale. Le capitalisme étant une création occidentale, les blancs dans leur ensemble, y compris les plus pauvres, sont culpabilisés en tant qu’oppresseurs du prolétariat non-blanc. En France, la plupart des professionnels de l’anticapitalisme sont rémunérés directement ou indirectement par l’État lui-même pour traiter les prolétaires blancs de privilégiés racistes destructeurs de la planète. La culpabilisation raciale est un puissant outil de désarmement psychologique.

L’anticapitalisme ne fait pas trembler d’un millimètre le système néocorporatiste. Bien au contraire, il le renforce. Au lieu d’utiliser leur connaissance des milieux de pouvoir pour démanteler le système néocorporatiste, les bourgeois anticapitalistes préfèrent convier le prolétariat au spectacle obscène d’une bourgeoisie narcissique jouant au défenseur ultime des pauvres en prêchant la destruction du seul régime économique apte à offrir aux pauvres des conditions de vie décentes. Le militantisme anticapitaliste exprime la peur bourgeoise de voir les prolétaires accéder au confort matériel. 

Enfin, le capitalisme libéral est l’essence de l’Occident contemporain. Par conséquent, il serait tout simplement absurde d’être anticapitaliste dès lors qu’on entend défendre l’Occident.

Toutes les mesures radicales que nous proposons dans le présent manifeste pour apporter la paix, la liberté et le bonheur aux prolétaires européens sont réalisables immédiatement sans qu’aucune révolution anticapitaliste ne soit requise. Ceux qui disent aux prolétaires « commençons par renverser le capitalisme » ne font qu’envoyer les prolétaires vers une quête irréalisable pour les condamner à l’impuissance politique.