9.1 e) Le néo-décadentisme

La dégauchisation des esprits opérée conjointement par la qualité de vie capitaliste et la désillusion envers les extra-européens a créé un appel d’air vers le conservatisme. Après avoir passé une vie entière confortablement installés dans un gauchisme de bonne conscience, des influenceurs et des suiveurs sont perturbés par la vision de l’islam meurtrier et de l’hyperconflictualité raciale. Ne pouvant plus concilier leurs valeurs de gauche avec la réalité de plus en plus évidente de leur échec, mais étant trop lâches pour rejoindre le camp conservateur, ils établissent une sphère de confort à mi-chemin : celle du néo-décadentisme.

Issus des rangs de la gauche et du centre, les néo-décadentistes sont ceux qui passent leur temps à radoter des constats qui tendent tous vers l’idée obsessionnelle qu’on est en décadence, proférant des constats amers et stériles sur le mode du « c’est déjà trop tard », « il n’y a plus rien à sauver ».

Ils ne se revendiquent jamais explicitement conservateurs, mais toute leur rhétorique est empreinte de conservatisme et sert uniquement à illustrer les discours conservateurs.

Les néo-décadentistes ne proposent jamais aucune solution mais monopolisent le champ des solutions. Ils découragent. Ils mettent l’essentiel de leur énergie à nous convaincre qu’il n’y a plus rien à faire, que tout est foutu.

Enfermés dans le monde des constats et de l’analyse de la cause de la cause de la cause, ils raillent et diabolisent systématiquement toute personne qui propose des solutions. Le néo-décadentisme est intégralement une entreprise de fausse politique de démoralisation et le seul horizon vers lequel tend leur discours est de choisir la mort la plus digne possible.

Alors que la plupart d’entre eux se prétendent laïcs, les néo-décadentistes se lamentent en permanence de la déchristianisation, par des chemins rhétoriques détournés, comme les faux constats pseudo-philosophiques du genre : « le désenchantement du monde » ou « depuis que Dieu est mort, nous ne sommes plus guidés par la transcendance ».

Lier le destin des peuples européens à celui du christianisme, c’est condamner à mort les peuples européens. Et c’est exactement ce que font des « intellectuels » comme Michel Onfray, Michel Houellebecq et les décadentistes en général. Ils refusent aux européens le droit de vivre sans le christianisme, décidant qu’ils doivent mourir s’ils ne remettent pas la charia chrétienne au centre de la société. Et comme ces faux intellectuels n’ont même pas le courage d’affirmer une quelconque conviction, leur discours consiste à expliquer aux européens qu’ils vont mourir parce qu’ils se sont écartés de la voix du Christ, mais qu’au fond ce n’est pas si mal, parce que de toute manière, on méritait déjà de crever.

Si on considère que le destin des européens est lié au christianisme, autant leur mettre une ancre autour du cou et les jeter à l’eau car leur déchristianisation est rapide et irréversible. Elle l’est car le christianisme est une religion bancale, invraisemblable, pleine de failles structurelles, un parasite étranger. Dès qu’elle n’a plus été imposée par la force, son déclin a été inéluctable. Les européens ont un très bel avenir qui n’est pas chrétien. Le christianisme a un très bel avenir qui n’est pas européen.

Là où le prédicateur intégriste religieux pointe « la décadence moderne » pour exhorter les gens à se convertir et à rejoindre une foi militante, le néo-décadentiste, lui, profère le radotage ultime, un discours parfaitement clos qui enferme son auditoire dans une logique circulaire : « Regardez, nous sommes en train de mourir, et si nous sommes en train de mourir, c’est parce que nous sommes mourants, signe que de toute façon nous devions mourir, donc autant continuer à mourir, et comme nous nous enfonçons dans la mort, ce sera bien le signe que de toute manière nous devions mourir ». L’idée, ou plutôt la non-idée centrale de leur discours est : « Nous méritons de mourir donc nous mourons donc cela signifie que nous méritons de mourir. » Cette circularité du discours n’est rien d’autre que la voix de leur lâcheté. Ces faux intellectuels ont besoin de marteler qu’il n’y a plus rien à sauver, qu’il n’y a plus de raison de se battre, qu’on doit accepter la mort, parce que tout leur discours vise tout simplement à justifier leur propre lâcheté. La seule chose pour laquelle les néo-décadentistes se battent, c’est leur confort intellectuel. À deux doigts d’admettre qu’ils ont passé toute leur vie de bourgeois à ne rien faire pour leur peuple et à collaborer avec les saboteurs de l’Occident, ils préfèrent dire que de toute manière, il n’y avait rien à faire.

Le remplacisme gauchiste, c’est remplacer physiquement le peuple tout en lui disant que tout se passe bien. Le décadentisme conservateur, c’est persuader le peuple que c’est son avenir inéluctable d’être remplacé. Le remplacisme remplace pendant que le décadentisme persuade que ce remplacement est inéluctable voire nécessaire.

Les néo-décadentistes sont les pires ordures du paysage politique occidental.