8.5 L’écologie humaniste réparatrice contre la repentance éco-théologique

Ce que l’on observe aujourd’hui dans les organisations politiques se réclamant de l’écologie n’est qu’une forme sécularisée de christianisme gauchiste : la repentance éco-théologique. Le discours des organisations écologistes de gauche consiste exclusivement à culpabiliser les occidentaux d’être sortis de la misère. Ils doivent se repentir du péché de confort matériel et on leur promet une terrible apocalypse s’ils ne se soumettent pas à cet impératif de mortification rédemptrice. Les écologistes de gauche se servent de la peur d’une catastrophe écologique pour imposer un système autoritaire organisé autour du principe de décroissance, c’est-à-dire le devoir de saboter le développement technologique de l’Occident et de forcer le prolétariat à retourner courber l’échine dans les champs. C’est le plus sérieusement du monde que des organisations écologistes ont récemment proposé qu’on force 40 % de la population française à retourner aux champs, et qu’on punisse les récalcitrants. Les écologistes de gauche martèlent aux blancs que chaque enfant qu’ils font est un pas de plus vers la catastrophe écologique, alors même que les pays occidentaux sont déjà ceux où la natalité est la plus basse du monde. Le stade ultime de l’écologie de gauche est l’antispécisme. Selon le dogme antispéciste, qui mange un steack de bœuf ne vaut guère mieux que Marc Dutroux et attacher plus de prix à la vie d’un homme qu’à celle d’un lombric est un péché d’orgueil qu’il faut d’urgence expier.

L’énergie propre, la sauvegarde de la biodiversité et la limitation de l’impact de l’activité humaine sur l’environnement ne sont nullement ce que recherchent les écologistes de gauche. Leur quête est toute chrétienne, c’est une entreprise de purification morale : il faut expier nos péchés, tant individuels que civilisationnels, et faire collectivement vœu de pauvreté, quitte à mettre en place des mesures anti-écologiques. Les écologistes de gauche militent ainsi pour détruire le nucléaire et empêcher les scientifiques de faire des recherches pour le rendre plus propre. Or, le nucléaire est de loin l’énergie dont l’impact carbone est le plus faible et le démantèlement de la filière nucléaire provoque partout le recours à des énergies bien plus polluantes. En Allemagne, la sortie du nucléaire a fait exploser la consommation de charbon. Les éoliennes, outre leur productivité énergétique ridicule et leur absence de fiabilité, sont un désastre écologique : en plus de nuire aux oiseaux et aux chauves-souris, elle requièrent une bétonisation indécente de l’environnement. Pour chaque éolienne, il faut couler dans la nature en moyenne 1500 tonnes de béton, matériau non-recyclable obtenu en consommant du sable, dont l’exploitation aggrave l’érosion dans de nombreuses régions du monde. Dans le domaine de l’agriculture, le dogme décroissantiste contribue aussi à détériorer l’environnement. Les écologistes de gauche veulent que l’on sorte de l’agriculture intensive, or le contraire de l’agriculture intensive, c’est l’agriculture extensive, autrement dit : défricher toujours plus pour agrandir des parcelles de moins en moins productives. La phobie des OGM confine à la psychose et des militants écologistes de gauche n’hésitent pas à faire physiquement entrave à la recherche scientifique sur les OGM en arrachant des plants expérimentaux. Or les OGM ne sont que la version scientifiquement contrôlée du travail d’amélioration des variétés naturelles de fruits et légumes par sélection et croisement, et peuvent souvent permettre de cultiver des végétaux alimentaires en utilisant moins d’eau et moins de pesticides.

En somme, l’écologie de gauche consiste à saboter, dans un but d’expiation morale, toutes les recherches scientifiques occidentales qui visent à permettre à l’humanité toute entière de sortir de la misère tout en minimisant l’impact de l’activité humaine sur l’environnement. Nous n’avons jamais été aussi près de la mise au point des énergies propres et d’une agriculture respectueuse de l’environnement, or c’est précisément maintenant que les écologistes de gauche veulent que nous nous sabordions. Plutôt que de consacrer une partie de ses ressources humaines et financières à réparer les erreurs de la révolution industrielle, l’Occident devrait selon eux liquider ses ressources et s’autoflageller. L’écologie repentante est un crime contre l’humanité : entrer en décroissance et détruire la recherche scientifique comme le préconisent les écolo-repentants consisterait à fuir nos responsabilités en détruisant notre pouvoir de résoudre les problèmes que l’industrialisation a engendrés. Ce projet ne peut aboutir qu’à la tiers-mondisation de l’Occident, empêchant ainsi le reste du monde en voie de développement de profiter de solutions écologiques occidentales.

Contre cette écologie repentante, l’occidentalisme propose une écologie réparatrice. L’intérêt grandissant des occidentaux pour l’écologie est un progrès civilisationnel et cette préoccupation ne doit pas être instrumentalisée pour saboter l’Occident, mais plutôt pour pousser les pays occidentaux à faire progresser la recherche scientifique, sans laquelle aucun bond écologique n’est possible. Les occidentaux sont à deux doigts de mettre au point la fusion nucléaire qui permettra de sortir de l’économie du pétrole, ainsi que d’approvisionner la planète entière en énergie avec un impact minime sur l’environnement et très peu de déchets radioactifs. L’écologie repentante préfère saboter ce travail de recherche ainsi que la puissance économique et politique de l’Occident, de manière à laisser tout loisir aux économies émergentes asiatiques de se développer dans le mépris total de toute préoccupation environnementale.

L’écologie occidentaliste est une écologie anthropocentrée assumée, qui défend une vision humaniste de l’écologie contre la vision antispéciste de l’écologie diffusée par la gauche. Nous ne devons pas mettre en place des mesures écologiques pour nous excuser d’exister, ni parce que toute vie en vaudrait une autre, mais parce que la Terre est la maison des hommes et parce que la protection de l’environnement est une aspiration profonde pour tout groupe humain évolué. La transformation de l’environnement naturel par l’homme n’est pas une mauvaise chose en soi. En Europe, la plupart des sites naturels remarquables par leur biodiversité, leur beauté, et le caractère unique des écosystèmes qu’ils constituent sont en large partie le fruit d’un travail de maîtrise humaine de l’environnement. L’entretien des prairies et forêts, la mise en place de haies, le drainage de l’eau, la lutte contre l’érosion, le dragage des cours d’eau, le modelage du paysage par les talus sont autant d’exemples d’interventions humaines bénéfiques. Les progrès de la recherche environnementale permettent d’optimiser les interventions humaines pour préserver la biodiversité, et l’application des mesures de protection de l’environnement est favorisée par une opinion publique de plus en plus sensible aux questions environnementales.

Les écologistes de gauche brandisseurs d’apocalypse manipulent l’aspiration populaire au respect de la nature pour désinformer le public et lui faire accepter des mesures faussement écologiques de pure repentance, comme le démantèlement du nucléaire qui accroît la part d’énergie carbonée, ou l’interdiction de certains pesticides entraînant un recours accru au traitement « bio » au cuivre, un métal lourd polluant. La désinformation massive occulte les pas de géant accomplis ces dernières décennies en Europe en matière de protection de l’environnement : l’agriculture française a drastiquement réduit son utilisation de pesticides et herbicides, elle a fait des progrès en matière de conservation des sols, le traitement de l’eau et des déchets s’améliorent sans cesse et les forêts sauvages prennent du terrain. Un autre effet néfaste de la désinformation du public par les écologistes de gauche est la gabegie financière des fausses solutions écologiques. Tirant parti des détournements néocorporatistes de nos démocraties libérales, de nombreuses associations et entreprises se réclamant de « l’économie sociale et solidaire » détournent de l’argent public au profit de leur business faussement écologique. On peut citer les subventions aux associations de lobbying anti-nucléaire et anti-OGM, le business des labels verts et du crédit-carbone, les subventions d’aide à l’achat de biens d’équipement faussement présentés comme écologiques, et la surfacturation de fausses solutions écologiques aux collectivités locales : audits fumeux par des cabinets de conseil hors-sol, mobilier urbain issu de produits recyclés vendu à prix d’or aux municipalités et qui s’avère n’être que du mobilier jetable, plans de végétalisation aussi coûteux que ratés, comme les urinoirs-bacs à fleurs.

Outre le développement de la science et de la technologie qui sont les piliers de l’écologie réparatrice, l’Occident doit mettre en œuvre des changements au niveau des pratiques, notamment en matière d’urbanisme (aménagements et règles visant à limiter la pollution atmosphérique et lumineuse, lutte contre l’étalement urbain), d’organisation du travail (dématérialisation, travail à distance), de construction et de normes industrielles. Il est à ce titre urgent de mettre en place un protectionnisme occidental visant à briser la concurrence déloyale de la Chine qui inonde la Terre entière de ses produits fabriqués sans la moindre considération pour l’écologie, ainsi que celle des divers gros producteurs agricoles du monde qui ne s’embarrassent pas des mêmes normes écologiques que nous. Quand les écologistes de gauche sabotent l’agriculture française dont l’efficience et la qualité environnementale sont mondialement reconnus, ils déroulent le tapis rouge aux agricultures ultra-polluantes et dévastatrices des pays peu soucieux de l’environnement.