8.3 L’immigration extra-européenne, armée de réserve de la Réaction

L’immigrationnisme décomplexé de la gauche nous fait souvent oublier combien le camp conservateur bénéficie du remplacement ethnique et l’organise. Le christianisme et les idées réactionnaires sont en chute libre chez les blancs partout en Occident. Seul l’afflux de populations extra-européennes permet au camp chrétien conservateur de se constituer une armée de réserve sans cesse renouvelée.

Même si les minorités ethniques extra-européennes votent généralement pour la gauche, elles n’en constituent pas moins un réservoir précieux de recrutement réactionnaire. À l’heure où ce sont les algorithmes des réseaux sociaux qui déterminent la visibilité publique de toute parole, les extra-européens sociétalement réactionnaires constituent un levier de clics crucial pour les conservateurs, dont le message ne séduit plus les européens depuis longtemps.

Il y aurait une sévère pénurie de prêtres en France si les africains et les asiatiques n’étaient pas là pour compenser la fuite des blancs hors du christianisme. Les immigrés musulmans constituent une cible d’évangélisation bien plus rentable pour l’Église que les blancs. La conversion au christianisme est en effet un moyen simple d’ascension sociale et raciale pour les immigrés extra-européens. Dans les milieux bourgeois chrétiens conservateurs, les arabes chrétiens sont par exemple unanimement considérés comme plus blancs que les prolétaires blancs. En France, un bourgeois chrétien conservateur estime toujours qu’un arabe ou un africain qui se convertit au christianisme et qui déclame du Lamartine est « plus français » qu’un prolétaire blanc athée peu cultivé dont les ancêtres ont vécu sur le territoire de France depuis des temps immémoriaux. Ainsi, la bourgeoisie conservatrice censée dénoncer le remplacement ethnique a unanimement trouvé formidable que Jeanne d’Arc, l’icône des nationalistes chrétiens les plus hostiles à l’immigration, soit incarnée par une jeune métisse chrétienne d’origine béninoise lors des fêtes johanniques.

On observe avec une remarquable régularité les mêmes phénomènes dans la bourgeoisie chrétienne conservatrice de chaque pays occidental. Il y suffit qu’un africain débarqué depuis six mois déclare son amour du Christ et de la Patrie qui l’accueille, pour que la bourgeoisie conservatrice locale en fasse une mascotte, lui tende tous les micros, et l’adoube « plus français », « plus américain », « plus british » que vous.

En bons chrétiens, ils considèrent que l’appartenance à un peuple se fait par conversion. Ils ne comprennent pas que le peuple blanc puisse exister sans le christianisme. Le titre d’appartenance à telle ou telle nation européenne, ils le donnent à qui sera le larbin le plus zélé du christianisme. Ils se comportent exactement comme des parents qui décideraient que leur enfant n’est plus leur fils, et que tel enfant qu’ils viennent de croiser dans la rue est « davantage leur fils » parce qu’il aurait de meilleures notes à l’école.

Les chrétiens conservateurs sont profondément habités par le fantasme d’une élite chrétienne métisse œcuménique. Ils se pensent les gardiens de l’identité nationale.