6.2 La bourgeoisie, race sociale chrétienne

Tous les bourgeois, à leur manière, sont complices et héritiers du christianisme.

Ce sont les élites qui ont imposé le christianisme en Europe et la bourgeoisie a été façonnée par le christianisme. Pendant plus de 1500 ans, toute personne avait besoin d’afficher un soutien zélé au christianisme pour acquérir une position sociale dominante ou s’y maintenir. L’aristocratie qui ne jouait pas suffisamment le jeu chrétien a été évincée, supprimée. Que ce soit dans le système féodal, l’Ancien Régime, les diverses restaurations, y compris la dernière restauration en date qui fut celle de Vichy, une famille ne pouvait prétendre longtemps à un rang élevé si elle ne participait pas activement à la consolidation du prestige et de l’emprise sociale du christianisme. Des portions entières de l’Europe, notamment à l’est, ont été persécutées et maintenues dans un sous-développement économique pendant des siècles pour les punir de leur refus de se christianiser. Les élites de ces peuples ont par conséquent été appauvries et progressivement épurées.

Le christianisme est en soi la domination d’une élite cosmopolite sur des peuples enracinés dans leur territoire. Dès l’origine, la christianisation de l’Europe fut un combat racial contre les prolétaires blancs. Les élites chrétiennes affublèrent les peuples qu’ils voulaient convertir du nom péjoratif de « païens » : paganus signifiait « l’homme du pays », « l’indigène », le campagnard lié à sa terre. L’idée que la majorité du peuple d’Europe se composât de personnes qui se sentaient profondément liées à leurs ancêtres et à la terre de leurs ancêtres était insupportable pour les élites urbaines chrétiennes, qui très tôt se constituèrent en race sociale cosmopolite.

Les bourgeois se comportent en Europe comme des colons, considérant les européens comme des indigènes corvéables à évangéliser, et la culture européenne comme une culture inférieure devant être remplacée par le christianisme — ou sa version actualisée, le gauchisme. Ils s’entêtent à ne voir seulement le christianisme qu’ils imposent comme seules racines, et manifestent leur mépris de l’Europe pour tout ce qui ne tient pas du christianisme. Que ce soit pour le promouvoir ou s’y opposer, conservateurs et gauchistes s’accordent à considérer le christianisme comme la matrice de l’identité européenne, la racine de notre civilisation. La bourgeoisie de gauche est d’ailleurs de moins en moins antichrétienne, à mesure que le christianisme se dédie à l’adoration des africains.

L’intrication de la bourgeoisie et du christianisme a eu des effets raciaux directs sur la bourgeoisie. Les sociétés régies par l’Église condamnaient jadis à la stérilité par incarcération conventuelle toute jeune femme accusée d’avoir des mœurs légères, autrement dit d’avoir choisi librement un partenaire sexuel (et donc un géniteur de sa descendance) autre que celui que ses parents ou tuteurs lui avaient assigné. Des jeunes femmes étaient également incarcérées au couvent lorsque les finances de la famille ne permettaient pas d’offrir à chaque fille de la famille un mariage qui ne fût pas une « mésalliance ». On préférait stériliser de force les femmes par l’incarcération plutôt que de laisser une femme de haute condition « abâtardir » le sang de sa race sociale par une union hypogame. Le christianisme bourgeois a littéralement organisé le génocide par stérilisation carcérale conventuelle des femmes sensuelles de la bourgeoisie pendant plus de 1500 ans. Les femmes sensuelles et aimantes de la bourgeoisie ont fait l’objet d’une épuration raciale chrétienne. Au sein du prolétariat, même si l’omniprésence de l’Église a mené à de régulières persécutions des femmes sensuelles et aimantes (notamment lors des chasses aux sorcières), l’épuration raciale par stérilisation n’a pas eu lieu parce que la préoccupation de « tenir son rang » était moins importante dans les classes basses de la société, et parce que les enfants, même bâtards (et donc par ricochet les ventres des femmes, même « filles-mères ») étaient vus comme une ressource économique qu’il ne fallait pas gaspiller.

Ce n’est pas un hasard si l’un des premiers discours structurés d’opposition à l’envoi massif de jeunes femmes dans des couvents vient de l’écrivain français des Lumières Denis Diderot, qui s’était déjà érigé en grand défenseur des enfants naturels et des « filles-mères ».

Signe évident de l’intrication du christianisme et de la bourgeoisie, en Occident, les moments de vacillement de la bourgeoise correspondent toujours à des moments de mise en cause de l’emprise de l’Église. Toute contestation de l’Église implique un bouleversement de la classe dominante, et vice-versa. La bourgeoisie désigne la classe-race dominante qui sert ses intérêts propres au détriment de ceux du peuple qu’elle prétend servir ; par conséquent, la noblesse est incluse dans la bourgeoisie.

Qu’il soit totalement assumé, discret, caché ou inconscient, le christianisme est toujours présent chez la bourgeoisie. Il y a quatre types de rapports à la religion pour un bourgeois : le christianisme ostentatoire, le christianisme discret, le christianisme dissimulé et le christianisme atavique.

Le christianisme ostentatoire, c’est l’étalage de décorum chrétien du XIXe siècle et de signes marquant un attachement à l’époque où l’Église avait les pleins pouvoirs en Europe. Outre les catholiques traditionalistes au sens strict, il faut ajouter, dans ce groupe, les néotradis : issus de milieux non-traditionalistes, ils viennent au christianisme tradi pour des raisons politiques, esthétiques (quête du vintage ultime) ou matrimoniales (certaines femmes de la bourgeoisie déclassée espèrent y trouver un mari grand bourgeois) et n’ont pas forcément une pratique rigoriste du christianisme. Le cirque des « racines chrétiennes » auquel se livrent les politiciens conservateurs relève de ce christianisme ostentatoire.

Le christianisme discret, c’est l’expression centriste, modérée, du christianisme. Le christianisme discret consiste à ne pas cacher ni imposer son christianisme, tout en étant très impliqué dans cette religion et entièrement façonné par le christianisme dans tous les aspects de sa vie.

Le christianisme dissimulé, c’est la taqiya chrétienne, pour donner un vernis sécularisé à son militantisme religieux. C’est prétendre qu’on fait simplement du social pour gratter des subventions et faire du lobbying chrétien à couvert. C’est le militantisme anti-IVG déguisé en associations de défense des handicapés. C’est la fausse défense de la laïcité pour nous refourguer discrètement des bondieuseries chrétiennes. Certains n’hésitent pas à se prétendre athées pour endormir la méfiance de leur auditoire, à qui ils rabâchent ensuite qu’il faudrait inscrire « les racines chrétiennes » de l’Europe dans la Constitution.

Enfin, le christianisme atavique, c’est le christianisme inconscient qui imprègne toute la pensée, les réflexes, préoccupations, références, vocabulaire, de ceux qui croient ne pas être chrétiens. La gauche « laïque » se compose ainsi presque exclusivement de chrétiens ataviques. La gauche toute entière est un néo-christianisme, même quand elle se prétend anti-chrétienne.

Le christianisme ne survit en Europe que par la bourgeoisie. En France et dans un nombre croissant de pays européens, le christianisme est désormais une classe sociale : le christianisme, c’est la bourgeoisie. Dès que les européens n’ont plus été forcés par leurs maîtres de se soumettre à l’Église, ils ont massivement fui les églises. La pratique, même minimale, du christianisme est en chute libre chez les blancs partout en Occident. Les bourgeois continuent à appeler la France « fille aînée de l’Église » alors que seuls 3 % des jeunes Français pratiquent le christianisme. Partout en Occident, le christianisme jouit d’un pouvoir politique totalement disproportionné par rapport à son absence de poids dans la population occidentale. Il est temps d’expulser pour de bon ce culte bourgeois hors d’Europe, où il n’a jamais été rien d’autre qu’un parasite pour le peuple natif européen.