5.6 Le blues nucléaire ou la religion du pacifisme

Même si la gauche a perdu la bataille politique avec le communisme, et même si le communisme a été responsable d’innombrables guerres et massacres, la gauche, du fait de son pacifisme revendiqué, est perçue un peu partout dans le bloc de l’Ouest comme la force qui nous a préservés de la guerre.

En nous évitant une nouvelle guerre mondiale et une apocalypse nucléaire, l’aspiration à la paix a triomphé, et ce triomphe est ressenti comme une victoire de la gauche.

L’homme blanc a accouché de l’arme atomique, et il est atteint d’un baby blues nucléaire. Nous avons failli détruire la Terre, nous sommes passés tout près d’une nouvelle guerre sans précédent, laquelle aurait pu rayer toute forme de vie évoluée de la surface de la planète, mais nous avons finalement réussi à ne pas nous entretuer.

Croyant avoir été sauvé par le pacifisme, l’occidental applique ce pacifisme partout, de la plus petite à la plus grande échelle.

Le blues nucléaire, c’est un peuple qui prend pleinement conscience de son pouvoir destructeur et qui plonge alors dans une apathie faite de non-violence jusqu’au suicide et de dégoût pour toutes les formes de conflit imaginables, des transactions diplomatiques jusqu’au moindre débat un peu animé.

Les louanges du pacifisme se sont transformées en une véritable religion de la Paix dans le monde.

Les camps de concentration, les dévastations des guerres mondiales, la bombe nucléaire et la catastrophe de Tchernobyl n’ont fait qu’ajouter à l’écœurement de la guerre et à la peur de la technologie nucléaire.

Le magistère moral de la gauche pacifiste ne date pas de la Seconde Guerre mondiale mais du blues nucléaire. Contrairement à un mythe très répandu, ce n’est pas la Shoah qui a assis l’autorité des pacifistes, mais plutôt le contexte général du péril nucléaire mondial qui nous a poussés à mener une réflexion sur les camps et les horreurs de la guerre. Après la découverte des camps, les catholiques ont d’ailleurs attendu plus de 14 ans avant de retirer discrètement de leur prière antisémite traditionnelle la mention des « perfides juifs ». Il n’y a pas eu, comme le prétendent les conservateurs plus ou moins révisionnistes, de « religion de la Shoah » dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, mais c’est bien la guerre froide et la conscience de la fin possible de l’humanité dans un conflit nucléaire majeur qui a poussé au sursaut humaniste et à la théorisation d’un devoir de mémoire, l’expression datant des années 90.

Avant l’entrée dans l’ère nucléaire, les conflits, si sanglants fussent-ils, n’impliquaient pas le risque de faire disparaître l’humanité entière. La seule menace était la disparition du vaincu, ou sa réduction en esclavage. Le va-t-en-guerre n’était pas vu comme un irresponsable ou un psychopathe sur le point de détruire toute l’humanité.

Le pacifisme était une phase nécessaire du développement civilisationnel de l’Occident, compte tenu du pouvoir inouï de destruction acquis par les nations blanches grâce au progrès scientifique et technique. Le pacifisme est une manifestation de puissance. Être pacifiste n’a de sens que si on est le plus fort. Le pacifiste occidental est un suprémaciste qui s’ignore.

Les occidentaux doivent cependant comprendre que ce n’est pas le fait d’avoir été pacifistes qui nous a sauvés, mais l’équilibre de la terreur permis par la puissance militaire acquise avec le nucléaire. Pour assurer la paix, les occidentaux doivent rester les plus forts. L’idéologie déconstructionniste de la gauche a introduit dans bon nombre de cerveaux la croyance irrationnelle selon laquelle il faudrait s’autodésarmer pour pacifier le reste du monde.

Si on est le plus faible, se montrer pacifiste ne pousse pas l’ennemi à l’être aussi. Se désarmer face à un régime tyrannique ne pousse pas ce pays à se désarmer comme par magie. C’est une pensée religieuse que de croire que la paix apporte toujours la paix, même quand elle est le fait du dominé, inférieur militairement. C’est en fait une façon de ne pas accepter que c’est l’homme blanc qui a mis fin aux conflits majeurs et ouverts entre les nations du monde entier, et qu’on a beaucoup de chance que les peuples les plus puissants se soient trouvés être d’une sagesse égale.

Les gauchistes ont réussi à récupérer dans le cœur des gens le sentiment qu’ils avaient sauvé la planète de la destruction par l’arme atomique. Or c’est uniquement la supériorité technologique et morale de la civilisation occidentale qui a permis ce dénouement heureux.