4.5 L’Orient, ennemi héréditaire de l’Occident

Si l’obscurantisme chrétien a contaminé l’Europe, c’est parce que ce parasite a instrumentalisé la puissance institutionnelle et le rayonnement culturel de Rome pour étendre son emprise. Nous étions forts, mais nous n’étions pas immunisés contre cette maladie d’un genre totalement nouveau.

Le christianisme est un virus d’Orient, apportant une morale orientale, des légendes orientales, et désignant l’Orient comme origine spirituelle de notre civilisation. Rien d’étonnant donc à ce que le christianisme ait favorisé par tous les moyens l’orientalisme, c’est-à-dire la croyance que l’enrichissement viendrait toujours de l’Orient, et que nous n’aurions eu ni identité ni grandeur avant d’être fécondés par le germe chrétien. C’est pourtant le christianisme qui a eu besoin de l’Europe pour se développer et non l’inverse.

L’orientalisme, qui prétend que toutes les lumières européennes sont la conséquence directe ou indirecte des « apports orientaux », est tout simplement le contraire de la réalité. Le peuple européen n’est pas dupe et voit d’un œil méfiant tout ce qu’on lui présente comme un enrichissement culturel venu d’Orient. L’islam a longtemps profité d’une propagande bourgeoise particulièrement positive présentant ce totalitarisme théopolitique comme une religion de paix et d’amour. Sitôt la greffe chrétienne avait-elle été rejetée par les peuples européens, qu’il fallait lui trouver une nouvelle spiritualité venue d’Orient, pour appliquer à l’Europe cette nouvelle mise à jour. Cet empressement ne vient pas d’une volonté islamiste réelle, mais bien de la terreur de voir les peuples occidentaux s’autodéterminer sans guide oriental.

Le 11 septembre 2001 fut un grand moment de dissonance cognitive, où médias mainstream et milieux politiques underground se sont accordés pour déculpabiliser l’islam en préférant s’imaginer un complot où les États-Unis eux-mêmes se seraient envoyé quatre avions à la fois et auraient bourré d’explosifs les fondations du World Trade Center pour détruire les tours et provoquer 3000 morts. Si cette version complotiste a été acceptée si aisément par une grande partie de la population, c’est bien parce qu’à l’époque, on ne pouvait pas concevoir les arabes comme autre chose que des civilisateurs apportant science et sagesse depuis leurs déserts mystérieux. Vision mythique de rois-mages enturbannés venus apporter des présents au peuple blanc balbutiant. Au fil des attentats et de la succession de groupes terroristes, la version bien plus intuitive du choc culturel s’est imposée dans l’opinion publique, et rares sont ceux qui peuvent aujourd’hui vous regarder dans les yeux en prétendant que l’islam n’est pas un danger. Mais l’islam n’est qu’un détail du choc racial entre l’Orient et l’Occident.

Bien avant l’islam, l’Orient était déjà une menace contre l’Occident.

Au début du Ve siècle avant notre ère, le gigantesque et terrible Empire perse s’étendait des confins de l’Indus jusqu’en Égypte, unissant sous son joug les provinces les plus riches du monde antique. Un obstacle s’opposait à ses ambitions de conquêtes de l’Ouest : les cités grecques. Lorsque les Perses envoyèrent des ambassadeurs à Athènes et à Sparte pour exiger le traditionnel symbole de reddition, de la terre et de l’eau, les athéniens les précipitèrent dans le Barathre et les spartiates les jetèrent au fond d’un puits profond, disant aux Perses d’aller y chercher au fond toute la terre et l’eau qu’ils voudraient pour la rapporter au Grand Roi. Le message était clair : on ne négocie pas avec l’envahisseur oriental.

À Marathon, 10 000 hoplites grecs en panoplie intégrale parcoururent la longueur de huit stades au pas de course pour se dérober aux flèches perses, éviter le contournement et surprendre un ennemi plus de dix fois supérieur en nombre. Les rangs perses furent défoncés par l’infanterie lourde grecque, le blindage de bronze de la masse des citoyens libres écrasa les soldats-esclaves orientaux, qui finirent par s’enfuir sur leurs navires, les dernières tueries se finissant dans l’eau.

10 ans plus tard, aux Thermopyles, c’est le roi de Sparte et sa garde qui se sacrifièrent pour ralentir une armée d’invasion de plus d’un million de Perses, permettant une victoire écrasante de l’Europe à Platée un an plus tard.

L’Orient a toujours représenté une menace pour l’Occident. Militairement, politiquement, spirituellement. L’orientalisme est l’idéologie tacite considérant que notre origine et notre destin se trouvent en Orient. Une découverte, un savoir, une œuvre d’art a toujours l’air plus somptueux et raffiné quand on lui accole une origine orientale.

Le christianisme venu d’Orient pousse à voir toutes les avancées techniques et sociales des européens depuis deux millénaires comme des miracles orientaux. L’orientalisme considère la civilisation occidentale comme un réceptacle vide qui n’aurait connu de grands moments et qui n’aurait d’avenir qu’à condition d’accueillir la semence orientale. La folie orientaliste pousse même certains historiens à nous présenter sans honte la peste orientale qui ravagea l’Europe du XIVe siècle comme une chance pour l’Occident d’un point de vue socio-économique, une aubaine qui aurait libéré les individus et les femmes tout en luttant contre le surpeuplement. Tout ce qui vient d’Orient est considéré comme fondamentalement bon et enrichissant, jusqu’à ce fléau qui tua presque la moitié de la population européenne.

À chaque avancée de l’Europe, la bourgeoisie qui écrit l’Histoire veut lui trouver des racines orientales plus anciennes. La bourgeoisie jalouse du peuple blanc fécond veut attribuer les lauriers des avancées accomplies par les européens à des orientaux idéalisés.

Même dans des détails triviaux, ces orientalistes s’entêtent à inventer des origines d’Extrême-Orient aux pâtes alors que leur existence en Europe est attestée depuis l’Antiquité romaine.

Les européens ont tous le crâne rempli de dizaines d’exemples d’inventions d’origine orientale, qu’on ne remarque que parce qu’elles sont assez rares pour être retenues. Tout le reste du progrès et de l’enrichissement scientifique et culturel est un mouvement qui s’est fait d’Europe vers l’Asie et non l’inverse. Peu importe : l’orientalisme est une émotion, une foi que les faits ne peuvent contredire. Les gesticulations de ceux qui en sont atteints ne s’arrêtent pas plus facilement que celles d’un religieux à qui l’on dit que son dieu n’existe pas.