3.6 Le féminisme, clé de voûte de l’Occident

Le prix qu’une société donne à la vie et à l’individu dépend de la place de la femme dans cette société. Il ne peut pas y avoir d’homme libre dans une culture arriérée où la femme est regardée comme un sous-homme. Un homme libre est forcément le fils d’une femme libre et d’un homme libre. Les sociétés où les femmes sont des esclaves ne peuvent engendrer que des moitiés d’hommes.

Ce sont les femmes qui contribuent concrètement le plus à l’éducation des enfants. Maintenir les femmes dans l’ignorance forcée et la réclusion domestique, c’est condamner ses enfants à une sous-éducation par une personne atrophiée. Opprimer les femmes, c’est haïr ses enfants, et c’est mépriser son sang.

La femme est placée anthropologiquement en situation de dépendance vis-à-vis du groupe, à cause de la vulnérabilité dans laquelle la placent les grossesses et les premières années de chaque enfant. Comme la femme a besoin de la protection du groupe pendant ces quelques années cruciales, le groupe lui fait payer à un prix exorbitant cette protection, ce qui ouvre la porte à tous les abus, à toutes les exploitations et à toutes les violences.

C’est donc à la société toute entière de veiller aux droits des femmes. La femme ne peut pas exister comme individu si une solidarité institutionnelle ne veille pas à la protéger des menaces spécifiques inhérentes à son sexe et à sa situation.

Il n’y a que les sous-hommes qui se sentent menacés à l’idée que les femmes aient les mêmes droits qu’eux. Ils se sentent menacés à raison, car ils se savent perdants si les femmes ont le choix. Le plus gros de la sélection naturelle est assuré via la sélection sexuelle par les femmes. Cela implique qu’elles soient libres de choisir leur partenaire, donc de pouvoir refuser. Les viols et les mariages forcés sont des dysgénismes contre lesquels la seule réponse adaptée est le féminisme.

Le féminisme est l’étape supérieure de civilisation. Toutes les étapes de civilisation ont été des avancées pour la condition des femmes. Plus des neuf dixièmes de nos lois existent pour réprimer la masculinité toxique. La civilisation consiste à mettre la masculinité au service du peuple, à récompenser l’homme viril autodomestiqué et à empêcher que l’homme violent ou destructeur ne se reproduise.

Il n’y a pas de libéralisme sans féminisme puisqu’aucun homme n’est libre si sa mère est une esclave, mais il n’y a pas non plus de féminisme sans libéralisme. Le féminisme, c’est l’égalité dans la liberté. L’égalité dans la servitude n’est pas du féminisme. Le progrès technique, social et politique est indispensable et indissociable des progrès féministes. Voilà pourquoi le féminisme n’aurait pu apparaître qu’en Occident.