2.6 Le peuple déicide

La science et la rationalité ont tué dieu, ou du moins la figure de dieu-le-père, patriarche tout-puissant des trois religions abrahamiques. Ce dieu dont les lois régissaient la totalité de notre existence, ce dieu à la providence duquel il fallait se remettre aveuglément, ce dieu qui faisait s’abattre sur nous mille maux pour nous éprouver ou nous châtier, ce dieu qu’on devait craindre et servir, ce dieu, désormais, est une fable qu’on n’ose même plus raconter aux petits enfants.

La mortalité infantile ne fauche plus un tiers des enfants, une mauvaise météo ne nous plonge plus dans la famine, le cancer et la maladie ne sont plus des fatalités, les vaccins ont éradiqué les épidémies, les technologies de maîtrise de la procréation sont venues à bout de l’ancienne criminalité de rue, les enfants ont des toits, les personnes âgées et les mutilés de guerre ne sont plus obligées de mendier dans la rue. Le blanc fait un pied-de-nez permanent à toutes les malédictions divines.

Les chrétiens orphelins, à chaque avancée scientifique, invoquent les dérives, promettent des apocalypses qui ne viennent jamais, et nous supplient d’abandonner le progrès en s’accrochant au progrès précédent qu’ils diabolisaient jusqu’alors.

Les chrétiens s’attachent à sans cesse occulter et salir la dimension prométhéenne de l’Occident, à rendre honteuse notre suprématie, pour nous donner comme seul horizon de torcher le cul des peuples-enfants et de souffrir pour expier toutes sortes de péchés.

Les peuples blancs ont massivement apostasié. Le rejet du christianisme est un fait historique. Mais un important bastion chrétien militant subsiste : la bourgeoisie. Les européens ont tué dieu et c’est pour cette raison que la bourgeoisie chrétienne cherche à nous faire crever.

Le dieu des chrétiens s’est dressé entre les européens et le progrès. Les européens ont finalement préféré tuer ce dieu plutôt que de renoncer au progrès. Dieu a été petit à petit poussé dans sa tombe à travers la conquête de chaque brin de rationalité que l’Inquisition concédait, de chaque livre de science et de philosophie qu’elle n’a pas réussi à brûler, de chaque toile de nu tolérée au prétexte des références gréco-romaines dont l’Église se revendiquait, de chaque hérétique que le clergé n’arrivait plus à torturer, de chaque avancée libérale, même la plus insignifiante, grignotée à l’audace et à l’usure, le plus souvent l’arme au poing et en sacrifiant des dizaines de milliers d’hommes et de femmes dans des guerres de religion que nous ne comprenons plus aujourd’hui.

Par leur puissance prométhéenne, les blancs ont massacré Dieu. Face à une pandémie, le prêtre accepte son impuissance et s’en remet au médecin. Face à n’importe quelle menace d’extinction, le théologien se tait et s’en remet à l’homme de science. La science triomphe sur le cadavre de Dieu.

De même que les européens ont éteint la souffrance par l’anesthésie, ils sont en train d’éradiquer les maladies une à une depuis la rage avec les travaux de Pasteur. Ils détruisent la malédiction biblique du labeur de subsistance par la mécanisation et ils triompheront un jour de la vieillesse et de la mort. Le peuple européen voit son avenir dans les étoiles du ciel, là où le catéchisme nous assurait qu’il n’y avait qu’une voûte céleste peuplée d’angelots insipides. Quitter notre berceau planétaire nous libérera de la finitude biblique de notre monde.

Qu’elle brandisse son dieu mort et inressuscitable ou qu’elle profère des menaces sécularisées en vantant le sous-développement et la décroissance, la bourgeoisie chrétienne est une tumeur qui veut empêcher le peuple blanc d’accomplir son destin prométhéen. Celui-ci passera nécessairement par l’anéantissement idéologique de la bourgeoisie parasite et ses métastases dans la société.

Arrêter le progrès comme le désirent les bourgeois, c’est faire de l’histoire de l’humanité une parenthèse entre deux chutes d’astéroïdes, réalisant ainsi la prophétie chrétienne « tu es poussière et tu retourneras à la poussière ».

Or l’homme blanc, c’est celui qui dit non au retour à la poussière, et qui veut assurer l’immortalité de l’espèce. Celui qui contrôle l’atome et envoie des fusées dans l’espace. Le peuple déicide à la conquête de l’infiniment grand et de l’infiniment petit.