2.1 L’inquisition antiraciste contre le peuple hérétique

Raciste. Aucun mot n’est plus infamant que ce jugement sans appel. Il est utilisé par tous les groupes politiques sans exception pour persécuter et disqualifier un nombre prodigieux de personnes, de revendications et de mobilisations. Aucune initiative, aucune association, aucun regroupement ne peut être formé sans que ne plane la menace d’être jeté dans le ravin de l’infamie sociale, selon des règles qui ne sont jamais claires et qui ne cessent de changer, les antiracistes d’aujourd’hui étant les racistes de demain. La loi, d’ordinaire très claire, se montre inhabituellement vague et pleine de notions confuses et improbables telles que l’incitation à la haine et le concept de diffamation raciale, qui peuvent s’appliquer à absolument tout et n’importe quoi. Mais le gros de l’inquisition se déploie très largement hors du cadre légal. Les auteurs de persécutions ne se soucient guère de la loi, ni même de la morale, mais utilisent les deux pour humilier et réduire leurs cibles au silence.

Même la rédaction de Charlie Hebdo, bastion historique de l’antiracisme militant, fut traînée devant les tribunaux pour s’être moqué de l’islam, peu de temps avant d’être massacrée par ce même islam. Et même après le carnage, le journal fut sommé de prouver que ses critiques de l’islam n’étaient pas racistes. Ni les litres de sang versés, ni leurs innombrables déclarations antiracistes n’apaisèrent évidemment jamais l’inquisition.

Le racisme est le crime le plus grave dont un individu puisse être accusé. La réputation de raciste est la seule dont on ne puisse se laver. Les racistes ont toujours tort. Aucune autocritique, aucun sacrifice n’est jamais suffisant. Probatio diabolica : tout européen est soupçonné d’être raciste jusqu’à preuve impossible du contraire.

Quiconque ne se justifie pas est un raciste, mais quiconque veut prouver qu’il n’est pas raciste est aussi un raciste. Comme il est impossible de prouver qu’on ne l’est pas, on ne peut se mettre à l’abri qu’en accusant les autres, les persécutés devenant alors les persécuteurs, avant d’être eux-mêmes accusés par une nouvelle vague d’antiracisme.

La chasse aux racistes a été érigée par les pouvoirs publics en priorité civilisationnelle. Des budgets colossaux, des ministères entiers sont alloués à l’extirpation de l’hérésie, à la traque des blasphémateurs, déployant la totalité de l’appareil judiciaire et des systèmes extra-judiciaires. Pourtant, nul ne parle autant de races que ceux qui prétendent combattre le racisme.

Plus la diversité est célébrée, plus le fait de souligner les différences entre les peuples est assimilé à un crime. Seule la question raciale est régie par ce négationnisme obligatoire. Nul ne songerait à traiter de sexiste celui qui affirme qu’il existe des différences biologiques entre hommes et femmes. Même les propos les plus bêtement misogynes ne font l’objet d’aucune poursuite judiciaire, tandis qu’on peut être condamné par un tribunal et voir sa vie basculer pour avoir simplement déclaré qu’une minorité ethnique est majoritaire dans les prisons.

Cependant, la montée en puissance de la psychose antiraciste est une diversion servant à camoufler un danger bien plus grave.

L’Europe fait face à un phénomène nouveau : des armées sans armes, contre lesquelles aucune action directe n’est possible. Cette immigration de masse a été ouvertement organisée par les élites pour consolider leur pouvoir mis à mal par les acquis sociaux du XXe siècle. Personne ne s’en cache, ce projet est revendiqué par toutes les élites qui affichent à son égard un enthousiasme spectaculaire, connu de tous et incritiquable. Autrefois, les nobles détrônés s’alliaient sans hésiter à des puissances étrangères pour combattre leur propre peuple, dans le but de récupérer leurs privilèges. Cette fois, les mêmes ont entrepris de directement changer le peuple sans livrer une seule bataille.

La bourgeoisie décrépie a fait preuve d’un culot exceptionnel en transformant les quartiers populaires blancs en zones de conflit interracial, tout en criminalisant le racisme défensif des prolétaires harcelés. Bourgeoisie de gauche et bourgeoisie conservatrice ont uni leurs forces dans une alliance tacite exceptionnelle pour organiser une invasion impossible à refuser, une occupation sans combat, sans arme et sans effort.

L’antiracisme est une arme contre les pauvres. Ce sont toujours les pauvres qui sont stigmatisés comme racistes, et associés à l’ignorance, la stupidité, la consanguinité, les préjugés et l’échec social. Quiconque veut s’élever socialement doit publiquement marquer son appartenance à la caste des inquisiteurs par la profession de foi antiraciste.

Cette immigration de masse tire les salaires prolétaires à la baisse, alimente le chômage par un flot continu de nouveaux demandeurs d’emplois, et détériore gravement la qualité de vie des prolétaires. Elle est insupportable, tant pour sa haine raciale décomplexée à l’égard des prolétaires autochtones que pour la violence de son intégrisme religieux aux yeux d’un peuple massivement antireligieux. Les vagues d’immigration en provenance du tiers-monde sont une source inépuisable d’agressivité raciale, de délinquance, de dégradations, de criminalité et de conflits ethniques allant jusqu’au terrorisme.

Les impressionnants moyens déployés pour chasser le fait racial n’ont abouti qu’à couvrir l’installation massive de racistes étrangers en Occident et à interdire toute mention de leur effarante criminalité. Toute l’énergie et l’argent dépensés à cacher le choc ethnique n’a servi qu’à protéger des criminels et faire taire leurs victimes.

C’est précisément l’obsession antiraciste qui a propagé partout en Occident l’obsession raciale. Surexposés à une propagande qui les tient pour uniques responsables de l’échec du vivre-ensemble, constamment renvoyés à leurs prétendus privilèges, abreuvés d’injonctions raciales et sommés de pratiquer leur autodiscrimination systématique, les prolétaires européens n’ont jamais autant pensé à leur race, et n’ont jamais eu autant conscience d’être des blancs.

Sous le nom de diversité et de vivre-ensemble, on cherche à nous faire accepter des régressions et des dégradations dans tous les domaines. En important le tiers-monde on devient le tiers-monde. Les zones sinistrées se multiplient et s’étalent partout en Occident. Les discussions scientifiques, les considérations philosophiques, les divagations littéraires, les transgressions poétiques, les moments d’extase artistique ont cédé la place à des débats d’arriérés du désert. Mutilations génitales, burqa, mariages forcés, port du voile à l’école, abattage rituel, djihad armé ou pacifique, islam républicain, châtiment des blasphémateurs… Petit à petit, notre univers mental est grignoté par des considérations et des débats d’un autre monde.

Comme tous les obscurantismes qui tentèrent de noircir l’horizon européen, l’inquisition antiraciste finira par tomber.