12.7 La culture du corps

Une des traditions européennes que le christianisme s’est le plus acharné à détruire, c’est celle du culte du corps.

Avant l’occupation spirituelle de l’Europe par le christianisme, prendre soin de son corps était considéré comme le comportement normal de tout être civilisé. Le totalitarisme chrétien en a fait un péché. Dans l’Europe pré-chrétienne, le corps n’était pas caché, la nudité était un code de représentation artistique renvoyant à l’héroïsme ou à la divinité, les bains publics étaient un lieu de sociabilité incontournable, le sport était valorisé, la médecine et toutes les disciplines permettant l’amélioration de la santé étaient regardées favorablement, la beauté physique était considérée comme une bénédiction, et ni le plaisir sexuel, ni la gourmandise ne constituaient en soi des choses blâmables.

La christianisation de l’Europe a été une grande entreprise de destruction du rapport sain que les européens entretenaient avec leur corps. Les chrétiens saccagèrent les statues à forme humaine, défigurèrent les beaux visages humains en leur brisant le nez. Le mépris chrétien du corps fit régresser de manière spectaculaire la qualité de la représentation du corps, et celle-ci ne retrouva son niveau de l’Antiquité qu’à la Renaissance, lorsqu’on ressuscita le paganisme gréco-romain et que des clercs rusés arrangèrent des tours de passe-passe théologiques pour contourner les accusations d’hérésie et d’idôlatrie, fournissant ainsi aux artistes des sauf-conduits dans l’enfer inquisitorial. La connaissance scientifique du corps par l’observation et l’expérimentation furent strictement interdits par l’Église, qui prohiba les dissections, qui fit brûler en masse des sages-femmes et guérisseuses en les accusant de sorcellerie, et qui força les médecins à n’être que des singes savants récitant une bouillie médico-théologique. Les chrétiens firent interdire les bains publics et les jeux olympiques. Ils réquisitionnèrent les thermes romains et les palestres (salles de sport antiques) pour les transformer en églises, déclarant que désormais seul Dieu-Yahvé devait être glorifié, et que glorifier le corps humain par le sport ou l’hygiène constituait une attaque contre Dieu lui-même. Il fallait avoir le cul malpropre et la cuisse flasque pour être vu comme un bon chrétien.

Après des siècles de déculturation chrétienne, de dépréciation, de honte et de tabou autour du corps, nous devons resacraliser le soin du corps et la nudité européenne. L’esprit d’un être humain ne peut s’élever s’il a honte de son corps. Le mépris du corps et la mortification, le refoulement des désirs et les entravements, qu’ils soient physiques ou psychologiques, doivent être effacés, sous peine de nous bloquer au stade matériel de ce qui n’est considéré que comme une enveloppe alors que nous sommes ce corps. Notre cerveau est une partie de notre corps, et tout soin du corps bénéficie à l’esprit.

Notre corps doit être revalorisé à tous les niveaux, par un individualisme sain et une culture du consentement. Ainsi, on ne doit plus considérer le corps d’autrui comme le champ de bataille de nos névroses. Les remarques corporelles négatives et non-sollicitées doivent être reconnues comme des injures, et ne plus être excusées sous prétexte de conseils bienveillants. Le corps n’a plus à être l’objet disputé par la masse collectiviste, et doit retrouver la seule personne qui a des droits dessus : son propriétaire.

Dès l’école, les cours de sport doivent réconcilier les enfants et les adolescents avec leur corps, prévenir et résoudre les complexes, et les professeurs doivent être formés dans cet esprit. Les cours doivent se faire avec des groupes de niveau pour que chacun progresse à son rythme, quitte à remélanger des classes. Le sport doit être intégralement à la carte, extra-scolaire avec un contrôle scolaire. Les professeurs de sport de l’Éducation nationale seront affectés à des structures sportives extra-scolaires, ce qui leur permettrait entre autres de mener des projets sportifs plus ambitieux et d’avoir des carrières plus enthousiasmantes.

Les mutilations génitales forcées sous toutes leurs formes doivent être strictement interdites et réprimées comme ce qu’elles sont : des actes de barbarie. Nul mineur n’a pleinement la capacité de consentir à ce genre d’actes. L’excision des petites filles, la circoncision des petits garçons et les opérations de réassignation sexuelle forcée des enfants intersexes sont des crimes. Le bougirage des enfants intersexes est un viol et doit être sanctionné comme tel. La stérilisation forcée des enfants intersexes du fait de leur opération de réassignation doit également être reconnue comme acte de barbarie. Les victimes de ces actes criminels doivent être indemnisées par leurs bourreaux et des actions en justice collectives doivent être menées. Même les atteintes à l’intégrité sexuelle des enfants qui paraissent anodines comme la circoncision sont en fait un moyen pour la masse de nier l’individu et de lui faire sentir à vie dans son for intérieur que son corps ne lui appartient pas, donc qu’il ne s’appartient pas à lui-même.

Tout être humain doit pouvoir arriver à l’âge adulte avec des organes génitaux intacts, et avoir le droit de pratiquer une sexualité libre et sans honte. La masturbation doit cesser d’être méprisée et déconseillée par des désinformateurs conservateurs qui la prétendent nocive, car elle représente le meilleur moyen de contrôle de ses pulsions sexuelles. Les discours de diabolisation de la masturbation reposent toujours sur de la désinformation médicale et des considérations morales qui découlent plus ou moins de la culture du viol.

Nous devons achever la déchristianisation de la sexualité et déconstruire par curiosité intellectuelle des fantasmes induits par le christianisme. Une réflexion sur le corps doit forcément passer par une réflexion sur notre sexualité.

Développer une culture du corps est aussi un moyen de s’opposer à la tyrannie de l’image standardisée du corps, au délire de perfection instagramique, cette espèce de charia où pour ne pas avoir à se cacher, on devrait atteindre une perfection physique irréaliste. La culture du corps, c’est valoriser toutes les formes de soin et de développement du corps humain, quels que soient l’âge, le sexe, la beauté, la condition des personnes.

Il faut en finir avec la persécution de la nudité. Par principe, la nudité devrait être autorisée, et seuls les actes d’exhibition sexuelle active devraient être prohibés. Il est dément que sur les réseaux sociaux, qui sont la principale plateforme d’expression publique, les tétons soient automatiquement censurés. Si nous vivions dans une société qui entretenait un rapport sain au corps, les tétons seraient autorisés et les réseaux sociaux proposeraient un filtre anti-tétons pour ceux que cette vision dérange, au lieu d’imposer la charia virtuelle à tout le monde.

Les femmes doivent se voir garantir le respect et leur droit à allaiter comme elles le souhaitent en public sans qu’aucune remarque déplaisante ne soit vue autrement que comme du harcèlement.

Le sport doit aussi être la canalisation de la violence naturelle des hommes et des femmes, et mener à une diffusion de la culture de l’autodéfense, des arts martiaux modernes mais aussi des arts martiaux historiques européens. La conscience du corps, l’initiation à la Méthode naturelle et à des exercices de renforcement musculaire et de rusticité permettront aux élèves volontaires de développer leur culture du corps, dans une vision hébertiste, fonctionnelle, de santé et de bien-être. Le service militaire permettra de compléter cette formation au corps, aussi importante que la formation de l’esprit des futurs citoyens.