12.4 La transition de l’État parasite à l’État libéral créateur de richesse

Il est des doctrines dont les injustices fondamentales sont rendues incontestables par la force de l’habitude. Le dogme de l’impôt parasite en est une.

L’esclavage aurait pu durer éternellement si l’on s’était persuadé indéfiniment que la société ne pouvait tourner sans esclaves. Heureusement, cette atrocité n’est plus, et il est désormais invraisemblable d’en souhaiter le rétablissement.

Bien moins grave, mais non moins injuste, l’imposition obligatoire fera un jour partie des curiosités des anciennes sociétés liberticides. L’impôt parasite n’est toléré que parce que les contribuables restent convaincus que la société s’effondrerait comme un château de cartes sans ces prélèvements obligatoires. Il est troublant d’écouter des citoyens affirmer que leur seul impôt sur le revenu entretient la police et l’armée, les pompiers et les hôpitaux, les routes et les villes. Il est embarrassant de les entendre se sentir en même temps reconnaissants de récupérer en aides diverses un billet sur dix que l’État leur arrache.

Pendant ce temps, la dette se creuse, et les prélèvements obligatoires ne cessent d’augmenter pour tenter d’essorer la grande gabegie des dépenses publiques. Après d’alléchantes promesses de retraites et d’assistance, on réforme et on demande aux citoyens de serrer leur ceinture autant que les dents pour accepter les inéluctables changements.

Tout peut être interrogé, recalculé, diminué ou rétrogradé, plutôt que de remettre en question l’intouchable système d’imposition parasite.

L’État doit sortir du parasitisme économique pour embrasser un rôle d’entrepreneur et de créateur de richesse, en s’appuyant par ailleurs sur les bénéfices issus des technologies qu’il développe et sur le système de l’imposition volontaire.

L’impôt libre, c’est le droit de tout citoyen de refuser la participation à l’imposition. Les citoyens et entreprises choisissant de payer des impôts volontaires seront cités publiquement et disposeront d’avantages spéciaux et d’un label pour leur entreprise. Une médaille civile de rang proportionnel à l’impôt fourni sera attribuée aux bons payeurs qui sacrifieront une partie de leurs ressources à l’intérêt collectif et au développement civilisationnel.

L’occidentalisme, c’est un État fort qui inspire le respect en créant lui-même sa richesse et en ne reposant pas sur l’extorsion mafieuse de ses citoyens. Les entreprises d’État s’intégreront dans le libre marché comme n’importe quelle autre entreprise, sans bénéficier de monopole. De cette façon, on évitera à chaque crise mineure de voir des États dépenser des milliards pour perfuser des entreprises bancales qui auraient dû s’effondrer depuis longtemps. Les domaines sont nombreux : assurance, énergie, transports, laboratoires de recherche, industrie ou n’importe quel autre secteur susceptible de rapporter de l’argent et où l’État peut se positionner. Ces entreprises d’État fonctionneront avec des salariés normaux et certainement pas des fonctionnaires à vie. Le social doit être définitivement séparé de la fonction publique et du salariat d’État.

De cette imposition librement consentie, un tiers pourra être attribué par le donateur au domaine de son choix ou au projet étatique qu’il désire financer. C’est la condition nécessaire pour que les individus dépassent leur situation de contribuable pour devenir des citoyens actifs.

Ce changement profond du rôle de l’État face aux citoyens est un tournant de l’histoire à franchir. Tôt ou tard, l’évolution civilisationnelle et libérale de nos sociétés le mènera à cette qualité de créateur respecté. L’État cessera d’être un parasite pour devenir un État libéral et entrepreneur, gardien des libertés individuelles.