12.15 L’hédonisme au secours de l’homme

L’hédonisme, parce qu’il donne tout son sens et toute sa saveur à la vie humaine, est la condition essentielle de la survie de l’homme à très long terme. Si une société a pour valeurs centrales l’efficacité et le travail, alors la vie humaine perd toute valeur dès lors qu’on n’est plus obligé de travailler. Si l’on ne place pas l’hédonisme et la liberté au centre de notre société et qu’on s’entête à ne valoriser que le travail et l’efficacité, alors, tôt ou tard l’homme devra s’autodétruire pour laisser la place à des robots qui feront mieux le travail que lui.

L’hédonisme, c’est élever le bonheur en idéal civilisationnel et c’est affirmer notre droit à la vie face à des remplaçants, y compris supérieurs à nous en efficacité, comme le sont les robots. L’hédonisme, c’est autoriser l’homme à être autre chose qu’une unité de production ou de conquête. C’est répondre à la question : pourquoi tout ce progrès et toutes ces conquêtes, pourquoi cette volonté de maîtriser et de dominer son environnement terrestre puis spatial ? Le refus de l’hédonisme est le plus court chemin vers le nihilisme, car si le but de toute cette folle épopée n’est pas le bonheur, elle n’a aucun sens.

L’hédonisme occidentaliste n’est qu’une recherche du bonheur dans cette vie plutôt que dans un monde imaginaire appelé « paradis ». Il récompense directement les efforts dans cette vie et profite à nos descendants, là où les religions de mort veulent le sacrifice de nos existences terrestres dans l’espoir d’un bonheur après la mort.

La promesse du bonheur auprès de Dieu dans l’au-delà n’a jamais été un moteur civilisationnel : seule la terreur a permis aux religions totalitaires de régner, et celles-ci s’effondrent dès qu’elles ne parviennent plus à tuer ceux qui leur désobéissent. L’hédonisme est le plus puissant moteur civilisationnel.

Les mortificateurs, qu’ils soient gauchistes ou conservateurs, opposent toujours le bonheur individuel au bonheur collectif. Ils nourrissent la croyance liberticide que le plaisir individuel ne s’obtient qu’au détriment de la communauté, et que l’intérêt commun ne se réalise qu’au mépris de l’individu.

L’hédonisme occidentaliste tranche ce nœud gordien tressé dans les mensonges liberticides : il n’y a pas de bien commun sans bonheur individuel, et les deux vont de pair. Le bonheur individuel et collectif doit être le but ultime de notre civilisation qui ne doit renoncer à aucun savoir ni à aucune puissance pour servir ce but sacré au service de l’humanité.