12.12 L’Europe, un pas vers les États-Unis d’Occident

L’Union Européenne est un premier pas vers la construction d’une nation européenne, donc la reconnaissance de facto d’un peuple européen.

Le destin de l’Union Européenne est de se constituer en une fédération. Que les gens célèbrent ou maudissent l’Union Européenne, ils s’accordent tous pour voir dans cette organisation internationale une étape transitoire vers des États-Unis d’Europe. L’Europe ne peut pas durer au long terme en tant que simple union commerciale. L’Europe des nations n’est qu’une construction rhétorique forgée par ceux qui veulent des nations sans Europe. Les rétrogrades sécessionnistes se cachent derrière le nom de souverainistes alors qu’il n’y a pas de souveraineté sans puissance, et que les petits pays d’Europe, aussi brillants soient-ils, ne peuvent pas rivaliser avec les grands blocs mondiaux.

Au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, les européens doivent pouvoir jouir d’un État fédéral garantissant leurs droits ethniques inaliénables. Les européens sont un seul et même peuple, avec des variations locales, manifestant un désir grandissant de vivre ensemble et de vivre entre eux. Les réticences des européens envers l’Union Européenne ne viennent que de l’inaptitude de cette confédération actuelle bornée à l’économie à répondre à leurs besoins. Les écœurés de l’Union Européenne sont ceux qui se sentent, à juste titre, abandonnés ou trahis, lorsque l’UE leur impose toutes sortes de réglementations mais n’est pas là pour les aider dans une crise qui touche toute l’Europe, ou lorsque l’UE promet une démocratie à l’échelle européenne mais ne respecte pas le résultat des référendums européens. La réponse à cette colère légitime n’est pas la dissolution de l’UE, mais une Europe plus forte et plus démocratique. Au total, même les prolétaires les plus anti-européens blâment finalement la faiblesse de la souveraineté européenne, agitée par les bourgeoisies nationales jalouses et aigries d’avoir perdu leur planche à billet et leurs privilèges locaux.

L’Union Européenne devenue fédérale pourra mieux tenir tête aux géants démographiques comme la Chine et l’Inde et entretenir des rapport d’égal à égal avec les États-Unis d’Amérique, base de tous les contrats équitables et d’une diplomatie saine. Nous ne pouvons plus nous contenter d’être une myriade de petits pots de terre face à de gros pots de fer.

Cette fédération transitoire servira elle-même de tremplin à la formation à très long terme des États-Unis d’Occident. L’Occident doit être unifié en tant que patrie des européens du monde entier. Les ressources mises en commun permettront de développer conjointement les technologies, de se coordonner dans une osmose scientifique totale, et de financer des projets de conquête spatiale. La langue globale officielle sera l’anglais, et l’unique système de mesure de distance adopté sera le système métrique français.

Bien sûr, les États garderont leurs identités locales, leurs langues propres et leurs drapeaux sub-continentaux et régionaux. Avec la disparition progressive du travail salarié forcé, les occidentaux auront tout loisir d’apprendre quatre langues différentes et de maîtriser le latin et le grec ancien. Les identités régionales authentiques pourraient même prendre le pas sur les identités nationales construites artificiellement par la bourgeoisie à la fin du XIXe siècle et pendant le XXe siècle.