11.3 L’inaliénable notion de chez-soi

Le bourgeois est chez lui partout, le prolétaire n’a qu’un seul chez-soi.

Les frontières permettent au prolétaire d’être chez lui et briment la nature cosmopolite du bourgeois, que ce cosmopolitisme se nomme christianisme ou gauchisme. Le « païen », c’est le sobriquet que les chrétiens donnèrent dès les premiers temps de la christianisation forcée de l’Europe au peuple blanc de la campagne récalcitrant à leur religion sans frontières. Païen signifiait en effet homme du pays, indigène. Le païen, c’était celui qui refusait de vénérer un dieu abstrait venu d’Orient, qui pratiquait le culte de ses ancêtres et qui considérait comme sacrés certaines sources, certaines montagnes, certains arbres de son territoire.

La bourgeoisie chrétienne, c’est-à-dire la caste dominante cosmopolite des centres urbains, en forçant les indigènes païens à se convertir au christianisme, fit d’eux des sujets de la Jérusalem terrestre et leur interdit sous peine de mort de vénérer leurs ancêtres et leurs lieux sacrés. Les prolétaires n’étaient plus chez eux, ils étaient dans le royaume de Dieu-Yahvé. 

La déchristianisation, parce qu’elle a détrôné sur le plan symbolique la bourgeoisie en Occident, a réveillé la haine bourgeoise envers le prolétaire qui veut se sentir chez lui. Comme le bourgeois est chez lui partout, il peut toujours s’enfuir et habiter loin du chaos qu’il a semé. Le prolétaire, lui, est lié à son territoire, qui relève de sa propriété privée collective. Le prolétaire qui perd son chez-soi territorial se retrouve exclu partout, il devient une particule balayée par les vents, vulnérable à tout. Les bourgeois détruisent la notion de chez-soi collective car c’est la seule chose qui appartienne vraiment au peuple. Dans tous les domaines, ils s’assurent de faire sentir au prolétaire qu’il est remplaçable, déplaçable à merci.

Sous le nom de xénophobie, on criminalise la revendication de la propriété privée exprimée par le peuple. La bourgeoisie punit le peuple occidental en proclamant qu’il n’est chez lui nulle part, tout en se gardant elle-même une place dans l’arche de Noé cosmopolite assurée par sa fortune.

Toute droite occidentale doit impérativement s’opposer au remplacement ethnique, proposer la remigration et sacraliser la propriété privée individuelle et collective, la notion de chez-soi que le christianisme a bafouée. Les pays occidentaux doivent cesser d’être la terre promise des peuples migrants selon un christianisme qui prétend que tout le monde est migrant, que personne n’est chez lui et que tout le monde est chez lui partout.