10.3 Créer la droite occidentale

La droite existe uniquement à l’état de sensibilité et de philosophie parmi les individus, mais ne possède aucune colonne vertébrale idéologique. Les partis et les auteurs qui se réclament de la droite sont tous, sans exception, des agents du conservatisme. Les agents du conservatisme sont tous des ennemis de la droite, car la droite est le camp de la liberté par-dessus tout, tandis que le conservatisme est le camp de l’ordre moral par-dessus tout, contre la liberté.

L’existence même de la droite est impossible tant qu’on nie que la politique se divise en trois parties adverses : la droite, la gauche, le conservatisme.

La gauche, c’est la guerre au conservatisme et à la droite. Le conservatisme, c’est la guerre à la gauche et à la droite. On ne peut pas être de droite sans être en guerre contre la gauche et le conservatisme. Il va de soi que la droite est forcément progressiste : il n’existe pas de droite conservatrice, réactionnaire ou rétrograde. Le progrès apporte de nouvelles libertés et définit l’Occident que toute droite défend forcément. La conquête d’une liberté est toujours un progrès. Ce qu’on appelle « droite conservatrice » n’est rien d’autre qu’une coterie conservatrice déguisée en droite, et le terme de « droite réactionnaire » désigne les membres les plus fanatisés de cette coterie.

La droite est obligatoirement libérale : la quête des libertés individuelles est sa boussole. Cette droite libérale doit nécessairement être radicale. La radicalité, c’est la racine d’une idéologie, sa pureté. Nul mouvement ne peut être créé s’il est dilué dès l’origine. De même que l’arbre ne peut pousser sans ses racines, il ne peut exister de droite modérée sans créer au préalable une droite radicale.

Cette radicalité implique une honnêteté politique sans faille : contrairement aux conservateurs qui ne recrutent qu’en dissimulant leurs vraies idées chrétiennes réactionnaires et rétrogrades sous un fatras hétéroclite de fausses préoccupations, la droite assume pleinement son projet consistant à faire primer la liberté sur toute autre considération.

Là où la gauche radicale veut abolir la propriété privée, la droite se doit d’en faire son cheval de bataille : il n’y a pas de liberté qui vaille sans la liberté de posséder et de transmettre. Or il n’y a pas de propriété privée individuelle sans respect de la propriété privée commune, qui va des copropriétés immobilières jusqu’à la copropriété de l’Europe par nos descendants à naître. Héritage appartenant à nos descendants, les terres d’Europe ne peuvent en aucun cas être cédées à des extra-européens. Prétendre le contraire est une attaque contre la propriété privée et l’héritage, et de fait, une ligne étrangère à la pensée de droite.

La responsabilité individuelle est une base de la conquête de la liberté par toute droite qui se respecte. Le principal argument liberticide que braient en chœur conservateurs et gauchistes, c’est de brandir les dérives et prétendre que telle liberté ne serait pas possible parce que les citoyens actuels ne seraient pas assez responsables. Or la droite consiste à affirmer que la responsabilité se développe en faisant confiance à ses citoyens et en les traitant comme des majeurs en pleine possession de leurs moyens. La conquête et la sauvegarde de nos libertés s’obtiennent en responsabilisant les citoyens.

La droite consiste toujours à faire passer son propre peuple avant tout autre, dans un ethnocentrisme assumé. Assumer son ethnocentrisme permet d’ailleurs d’avoir des relations beaucoup plus saines avec les cultures étrangères que n’entretiennent les gauchistes xénophiles qui nient leur propre ethnocentrisme et sont, de ce fait, incapables de s’intéresser à une culture étrangère autrement que sur un malentendu, en projetant sur elle leur idéologie, leurs fantasmes et croyances, et en n’aimant ce qui leur est étranger que parce qu’ils s’imaginent que l’autre est au fond identique à eux-mêmes.

La droite ne peut être que féministe parce qu’il n’y a pas d’homme libre sans femme libre, et parce que le féminisme permet aux femmes d’accéder à un libre arbitre plus éclairé, la culture du consentement étant l’un des piliers de la liberté, tant pour les femmes que pour les hommes.

L’occidentalisme est antinomique du fascisme comme du communisme. Le racial-progressisme est philosophiquement et politiquement antifasciste. Le fascisme, c’est un autoritarisme réactionnaire. Le communisme, c’est un autoritarisme égalitariste. Nous sommes le contraire : progressistes et libéraux. L’occidentalisme est l’ennemi de toutes les idéologies totalitaires, liberticides et autoritaristes.

La droite ne peut être que capitaliste et libérale. Capitalisme et libéralisme sont respectivement le régime économique et le régime politique les plus résilients. Le libéralisme est le seul système politique qui offre des solutions à ses propres dérives. Le capitalisme est le seul système économique qui offre des solutions à ses propres dérives. Quand une idéologie est saine, elle peut être radicale, elle peut être pure, sans avoir pour monde idéal un enfer totalitaire.

Le libéralisme ne consiste pas à décréter la liberté mais à la rendre possible. La droite doit se tenir éloignée des utopies laissez-fairistes et bâtir un État fort guidé par le libéralisme, sans quoi les tyrannies des groupes l’emporteront toujours sur les droits individuels.

La droite a besoin d’un noyau idéologique radical pour cesser d’être le satellite d’autres groupes comme les conservateurs et la gauche. La droite a été jusqu’à présent un organe de bait-and-switch pour les conservateurs, le paradigme restant de gauche.

La gauche idéologique a une lecture uniquement marchande du monde et des rapports humains : classe, argent, inégalités et dominations économiques. Être de droite, c’est compléter la lecture économique du monde par une lecture raciale, charnelle, sexuelle des choses. Les hommes ne sont jamais exclusivement motivés par l’argent. Il faut toujours s’intéresser à ce qu’ils ont dans les tripes : la race, le sang, la procréation, la volonté de stérilisation de l’ennemi, la vision des femmes comme enjeu des affrontements masculins, ou encore le plaisir de la destruction.

La droite doit avoir un paradigme de droite et des allégeances de droite. Elle ne peut exister que si elle établit un cordon sanitaire idéologique autour de la gauche et des conservateurs.