10.2 Le conservatisme, antimatière politique

Le monde des idées politiques se divise en trois parties :

– La gauche, qui désigne la pensée politique sinistriste de ceux qui font passer l’égalité avant la liberté ;

– La droite, qui désigne la pensée politique dextriste de ceux qui font passer la liberté avant l’égalité ;

– Le conservatisme, qui désigne la pensée politique réactionnaire de ceux chez qui l’ordre moral écrase l’égalité et la liberté.

Le centrisme n’est pas une partie de la politique à proprement parler. Les centristes sont un agrégat de conservateurs plus ou moins gauchistes et de gauchistes plus ou moins conservateurs. Le centrisme n’est jamais défini que par des fils tendus aux trois extrêmes. Le centre évolue au gré des victoires de chaque camp mais n’a aucune position absolue. Parce qu’il est toujours l’expression du statu quo, le centrisme, qu’il penche plutôt à gauche ou plutôt à droite, sert toujours d’antichambre du conservatisme.

Le conservatisme, c’est la négation du progrès comme cœur de l’identité occidentale. C’est l’opposition de principe à tout progrès en instrumentalisant la peur des dérives pour diffuser l’idée que tout changement est une potentielle catastrophe.

Le conservatisme est l’obsession d’établir un ordre moral et de régénérer le christianisme rétrograde par tous les moyens, y compris l’importation massive de populations réactionnaires du tiers-monde.

Le conservatisme est le cancer de la politique occidentale car il est une arme de dépolitisation massive. La part la plus importante de la propagande conservatrice consiste à dépolitiser les questions politiques pour prétendre que leur idéologie politique n’en est pas une, qu’elle est simplement l’ordre naturel. Ce sont les conservateurs qui martèlent que droite et gauche n’existent pas. Ils cachent toujours leur vrai projet politique en se cachant derrière l’invocation du « bon sens », du « sens commun », du « retour au réel » ou du « pragmatisme ».

Le conservatisme se fonde sur le sentiment que toute tentative de modifier l’ordre social chrétien est une dégénérescence et que tout progrès est une menace. La gauche, c’est la croyance selon laquelle notre ordre social, notre culture, sont responsables de tous nos maux et doivent être détruits pour apporter le progrès. La droite, c’est la confiance dans la capacité de notre civilisation et de notre race à progresser par elle-même.

Le conservatisme est la prolongation politique de la revendication d’un système de valeurs chrétien construit à partir d’un amalgame grossier constitué de divers anachronismes historiques sélectionnés arbitrairement selon des goûts d’ignorants et complètement sortis du contexte historique qui leur donnait leur signification.

Les conservateurs chrétiens aiment pointer du doigt « l’ethnomasochisme » occidental contemporain, osant prétendre que la repentance et la pénitence sont des valeurs modernes qui leur sont totalement étrangères. La dénonciation de l’ethnomasochisme comme un mal général frappant l’Occident, c’est la négation des rapports de classe et de race, des dominations et des responsabilités : c’est faire passer le travail christo-bourgeois de sape de l’Occident pour un phénomène spontané, diffus, sans cause et sans responsable.

En présentant l’ethnomasochisme comme la création du peuple occidental déchristianisé, la race bourgeoise chrétienne veut restaurer son pouvoir en utilisant un ressort chrétien bien connu : exiger la repentance publique pour asseoir son autorité, afin que personne n’ose lui demander des comptes sur sa responsabilité écrasante. À la différence qu’aujourd’hui, les bourgeois conservateurs pointent cette repentance en prétendant la combattre. Toute la sournoiserie de la bourgeoisie conservatrice réside en ce qu’elle exige que le peuple blanc se repente… d’être repentant. Le but de la dénonciation sournoise de « l’ethnomasochisme occidental moderne » par les conservateurs n’est pas seulement de cacher les responsabilités bourgeoises chrétiennes dans la crise que nous vivons, d’occulter le fait que l’Église est le plus gros lobby pro-immigration d’Occident et de faire oublier l’écrasante responsabilité des grandes fortunes patronales de la bourgeoisie chrétienne dans l’organisation du remplacement ethnique. Le but est également de réinsuffler du christianisme sans se présenter comme des militants du christianisme : exiger que le blanc fasse pénitence en acceptant de renier tous les progrès sociaux pour « soigner » la société par une nouvelle restauration conservatrice.

En prétendant que l’Occident est frappé par la maladie de l’ethnomasochisme, les bourgeois conservateurs instrumentalisent la capacité essentielle du peuple blanc à se remettre en question. Si les blancs ont généré autant de progrès dans tous les domaines, c’est en large part grâce à leur capacité d’autocritique constructive. Prétendre que l’ethnomasochisme n’aurait rien à voir avec les siècles de dressage chrétien à la repentance revient à dire que c’est le peuple blanc qui sécrète de lui-même ce poison spontanément dès qu’on lui laisse un peu de liberté. Agiter la notion d’ethnomasochisme sans pointer la responsabilité chrétienne revient donc à instrumentaliser la propension des blancs à l’autocritique pour les pousser à se haïr eux-mêmes d’être repentants. La bourgeoisie conservatrice qui joue cette comédie consistant à s’étonner et à s’indigner de l’ethnomasochisme fait d’une pierre trois coups : cacher la responsabilité de toute la bourgeoisie dans le remplacement ethnique, aggraver le phénomène de repentance raciale et faire avancer son agenda chrétien anti-occidental.

Les professionnels de la politique conservateurs utilisent abondamment la rhétorique de l’ethnomasochisme car cela leur permet de mystifier autour du problème, de faire croire qu’il n’y a pas de solution simple et immédiate au remplacement ethnique, que le problème vient de causes spirituelles alambiquées et diffuses. Les politiciens bourgeois conservateurs n’ont strictement aucun intérêt à combattre réellement l’immigration, car sans les immigrés, ils n’auraient plus rien à dire et plus personne ne les écouterait. C’est leur seule façon de hameçonner les électeurs pour les rediriger vers le conservatisme et leurs préoccupations sociétales.

Les conservateurs se présentent en hérauts de l’identité des nations européennes, en gardiens de la civilisation, mais tout leur projet consiste à détruire le cœur de notre identité et la force de notre civilisation : sa capacité à progresser. Ils prétendent nous sauver mais tout ce qu’ils sont capables de faire, c’est nous tuer en nous noyant dans le formol.

La plupart des débats conservateurs consistent à se demander depuis combien de temps nous sommes morts, ou depuis combien de temps nous méritons de mourir : la guerre du Vietnam ? Celle d’Algérie ? Mai 68 ? 1789 ? Le couronnement de Louis XIV ? L’invention de l’imprimerie ? La Réforme de Luther ? Ils ne s’intéressent à l’histoire que pour tenter de savoir à quelle époque a commencé la fin des haricots. Quelle que soit la date retenue par telle ou telle des nombreuses chapelles conservatrices, à chaque fois, la date correspond à un moment de vacillement de la bourgeoisie chrétienne.

Pour les conservateurs, le peuple blanc est un apostat du christianisme qu’il faut tuer.